(ats) Les débats sur le budget 2025 ont débuté mardi au Conseil national. Alors que le camp bourgeois a défendu une hausse des dépenses de l'armée et le frein à l'endettement, la gauche et les Vert'libéraux ont averti qu'ils rejetteront le budget en l'état.

Par rapport au Conseil fédéral, la commission des finances a prévu une hausse des dépenses de l'armée de 530 millions, qui doit notamment être compensée par des coupes dans la coopération internationale, l'asile et le personnel de la Confédération.

Le camp bourgeois a défendu cette hausse des dépenses militaires qui vise à atteindre 1% du PIB pour les dépenses militaires en 2030. La situation sécuritaire a changé et le budget doit le prendre en compte, a relevé Peter Schilliger (PLR/LU). La menace est réelle, l'on doit pouvoir à nouveau se défendre, a complété Reto Nause (C/BE). Et de préciser que l'on corrige aujourd'hui des coupes sèches des dernières décennies.

Problème de dépenses

Le camp bourgeois a aussi souligné l'importance d'avoir un budget conforme au frein à l'endettement. "Les dettes d'aujourd'hui sont les impôts de demain", a noté Thomas Stettler (UDC/JU). Il faut faire preuve de discipline, a abondé Pius Kaufmann (C/LU). Et d'ajouter que toute nouvelle dépense doit avoir un contre-financement.

L'udc s'opposera également à toute augmentation d'impôts, a indiqué Lars Guggisberg (UDC/BE). La Confédération a un problème de dépenses et non de recettes, a souligné le Bernois, à l'instar de plusieurs orateurs. Et d'indiquer que ces trente dernières années, les dépenses de la Confédération ont pratiquement triplé alors que l'économie a elle seulement doublé.

Peter Schilliger (PLR/LU) a relevé un potentiel d'économie important dans le personnel de la Confédération.

"Des gens vont mourir"

Pour le PS, les Vert-e-s et les Vert'libéraux, l'augmentation des fonds pour l'armée et les coupes dans la coopération internationale ne passent pas. C'est pourquoi ils ne soutiendront pas le budget en l'état.

Le budget sorti de la commission des finances du National et voulu par la droite est tout sauf équilibré, a fustigé Corina Gredig (PVL/ZH). Cédric Wermuth (PS/AG) a lui dénoncé un concept bourgeois "incohérent" et "bricolé", une politique financière "pas sérieuse" et soumise aux lobbys, allant contre les intérêts de la population.

La tradition humanitaire de la Suisse, on ne peut pas en parler seulement le 1er août, a encore critiqué Mme Gredig. En votant ce budget, la Suisse devra abandonner du jour au lendemain des régions entières du Sud. "Des gens vont mourir, et ce sera votre responsabilité", a accusé Tamara Funiciello (PS/BE).

La Suisse a deux vaches sacrées, le frein à l'endettement et l'armée, a déploré de son côté Felix Wettstein (Vert-e-s/SO). La hausse des dépenses d'armement va dans la mauvaise direction, alors qu'il y a des besoins énormes en matière de social, de santé et de politique environnementale. "Le budget proposé par le Conseil fédéral est, lui, au moins acceptable", a encore noté le Vert, appelant la salle à y revenir.

Garder une marge de manoeuvre

La ministre des finances Karin Keller-Sutter a aussi exhorté les députés à revenir à la version du gouvernement. Les coupes seront problématiques dans l'aide au développement. La baisse de 250 millions demandée représente 16% des dépenses budgétisées. Une telle coupe ne sera pas possible sans interrompre des projets. Il y a un risque de dégât pour la réputation de la Suisse, a indiqué la ministre.

Elle a aussi mis en garde contre une augmentation plus rapide des dépenses de l'armée, des dépenses qui ne sont pour l'instant pas financées. Et de rappeler que des dépenses supplémentaires sont aussi prévues dans d'autres domaines ces prochaines années, par exemple pour la 13e rente, le dossier européen ou le financement de réformes fiscales (imposition individuelle, valeur locative).

Après ce débat général, la discussion se poursuit notamment sur les dépenses du perosnnel de la Confédération.