Ces coupes sont difficiles, mais nécessaires pour équilibrer le budget, a fait valoir au nom de la commission Jacques Nicolet (UDC/VD). La Chambre avait décidé mardi d'augmenter de 530 millions les dépenses d'armement.
Dans le détail, la Direction du développement et de la coopération (DDC) devrait renoncer à près de 150 millions pour la coopération bilatérale. Les contributions à des organisations multilatérales devraient diminuer de 52 millions. Le Secrétariat d'Etat à l'économie verrait lui ses moyens alloués à la coopération économique être réduits de 50 millions de francs.
Les budgets de la coopération ont augmenté continuellement ces dernières décennies. Il faut désormais les stabiliser au profit de la sécurité de la Suisse, a abondé Andreas Gafner (UDF/BE).
Erreur "stratégique"
La gauche et le PVL ont dénoncé une "erreur stratégique dramatique". La coopération internationale sert directement les intérêts de la Suisse et sa sécurité, a plaidé Cédric Wermuth (PS/AG). "Ne sommes-nous pas plus humains que ça?", a lancé Marc Jost (PEV/BE). En tant que pays riche et de tradition chrétienne, "nous avons une responsabilité envers les plus pauvres".
La ministre des finances Karin Keller-Sutter a aussi exhorté les députés à revenir à la version du gouvernement. La baisse de 250 millions demandée représente 16% des dépenses budgétisées. Une telle coupe ne sera pas possible sans interrompre des projets sur le terrain, a rappelé en vain la St-galloise.
Dans la foulée, la salle a soutenu une proposition de l'UDC David Zuberbühler (AR) visant à amputer du budget les 20 millions de francs prévus pour l'organisation onusienne d'aide aux réfugiés de Palestine au Proche-Orient, l'Unrwa. La gauche a critiqué sans succès un "acharnement", après plusieurs décisions visant cette agence.
Asile aussi
Le National a aussi avalisé des coupes de 105 millions dans l'asile. La majeure partie de cette somme est liée à la fermeture de neuf centres fédéraux d'asile, décidée par le Conseil fédéral, en raison d'un nombre moins important de demandes. Ce sont ainsi 85 millions qui seront économisés.
L'autre coupe, de 20 millions, intervient dans les indemnités versées aux cantons au titre de l'aide sociale destinée aux réfugiés, requérants d'asile et personnes admises à titre provisoire.
Les députés ont aussi approuvé pour 2024 un crédit supplémentaire de 185 millions de francs destinés à couvrir les dépenses supplémentaires pour les personnes à protéger venues d'Ukraine. Le Conseil fédéral a sollicité ce crédit comme dépenses extraordinaires. Seule l'UDC s'y est opposée.
Agriculture épargnée
L'agriculture a par contre été épargnée. Le Conseil fédéral prévoyait de réduire les paiements directs au budget 2025.
Mais, un jour après une nouvelle manifestation de familles paysannes à Berne, le National n'a pas voulu sabrer dans ce poste budgétaire. Il a décidé par 123 voix contre 58 une hausse de 42 millions de francs par rapport à ce que demande le gouvernement, pour maintenir les paiements directs au même niveau qu'en 2024, à quelque 2,8 milliards pour 2025.
"Il ne s'agit pas d'augmenter les paiements directs comme le dit la gauche", a lancé Damien Cottier (PLR/NE). Le budget agricole est le seul qui n'a pas augmenté ces vingt dernières années, avec l'armée.
Le Ps et le PVL ont échoué dans toutes leurs tentatives de revoir les crédits à la baisse. Le camp a affirmé ne pas vouloir viser les agriculteurs, dont le travail est fondamental et apprécié de la population.
Le National a aussi décidé d'augmenter les montants dédiés à la promotion des ventes des produits agricoles (+4,8 millions) ainsi qu'à la politique régionale (+12,5 millions). Il a encore proposé un million supplémentaire pour la protection des troupeaux contre les attaques de prédateurs, dans le cadre du supplément au budget 2024.
Les débats sur le budget se poursuivent jeudi. Les députés discuteront des crédits alloués à la formation, la culture, l'environnement et les transports.