(ats) La Suisse et l'Autriche doivent améliorer la protection contre les crues le long du tronçon frontalier du Rhin. Le Conseil des Etats a accepté jeudi à l'unanimité un nouveau projet de traité international du Conseil fédéral. La Confédération prévoit un engagement d'un milliard de francs sur une durée de 27 ans.

"Cet été, nous avons vu les dégâts que pouvait faire l'eau", a déclaré le ministre de l'environnement Albert Rösti. La thématique ne va pas disparaître, c'est pourquoi le projet est important.

Alors que la vallée inférieure du Rhin connaît un risque de crues, la Suisse et l'Autriche travaillent "main dans la main" depuis 1892. Les deux pays ont déjà conclu trois traités relatifs à la protection transfrontière contre les crues. Mais ceux-ci ne permettant pas de mettre en oeuvre les nouvelles mesures nécessaires, une nouvelle convention a été négociée, a expliqué le ministre.

Le projet concerne le tronçon frontalier de 26 km entre l'embouchure de l'Ill et le lac de Constance (Rhin alpin). Il prévoit d'augmenter la capacité de débit du cours d'eau de 3100 m3/s à 4300 m3/s et d'assainir les digues usées par les années, afin de faire face à un événement susceptible d'arriver tous les 300 ans. Ces mesures visent à augmenter la sécurité des 300'000 habitants concernés, ainsi que de 500 entreprises, a précisé Benedikt Würth (C/SG).

Les mesures prévues permettront d'éviter des dommages matériels de plus de 13,5 milliards de francs. La mise en oeuvre du projet devrait durer jusqu'en 2052.

Un milliard sur près de 30 ans

Berne et Vienne se partagent les coûts de quelque deux milliards du projet à parts égales. La Confédération prévoit un engagement d'un milliard de francs sur une durée de 27 ans. Elle prend en charge 80% et le canton de St-Gall 20%, soit quelque 200 millions. L'investissement pour la Confédération s'élève à 38 millions par an.

Le Conseil des Etats a ajouté des adaptations mineures à la nouvelle loi relative au Rhin alpin, qui règle la mise en œuvre du projet de protection contre les crues "Rhesi". Il souhaite notamment s’assurer que les futures extractions de matériaux fassent partie des travaux ordinaires d’entretien des cours d’eau. Par ailleurs, la terre prélevée lors des travaux soit utilisée pour fertiliser des terres ailleurs dans le canton, sans mesures de compensation.