Le Conseil fédéral demandait 9,66 milliards pour ce domaine, pour les projets de la Direction du développement et de la coopération. L'enveloppe a suscité la controverse au National.
Grâce aux voix de l'UDC, du PLR et de quelques centristes, les députés ont d'abord refusé de lever le frein aux dépenses, ce qui bloquait de fait la décision sur le montant. Ils l'ont ensuite levé, mais en réduisant l'enveloppe de 351 millions. Les sénateurs ont proposé un compromis, avec une coupe de 151 millions, ce qui a été accepté mardi par les députés.
Les autres montants ont passé la rampe sans problème. Pour la coopération économique au développement, qui est du ressort du Secrétariat d'Etat à l'économie, 1,4 milliard est prévu. Enfin, un montant de 232,6 millions est destiné au financement de mesures de promotion de la paix et de renforcement des droits humains.
1,5 milliard pour l'Ukraine
Le Parlement a également accepté la décision du Conseil fédéral d'allouer 1,5 milliard de francs pour l'Ukraine et la région, dans le cadre de ces crédits. Le National a tacitement rejoint le Conseil des Etats sur ce point.
Il voulait auparavant n'allouer que 800 millions, avec en plus 500 millions pour des projets en collaboration avec le secteur privé. C'est délicat de couper dans les montants pour l'Ukraine, a concédé Corina Gredig (PVL/ZH) pour la commission.
Le reste du budget est principalement engagé dans les quatre régions prioritaires de la précédente stratégie (Afrique du Nord et Moyen-Orient, Afrique subsaharienne, Asie centrale, du Sud et du Sud-Est et Europe de l'Est). Les Chambres ont apporté des précisions concernant les transferts de crédits possibles.
Elles ont par ailleurs décidé de renforcer le lien entre coopération et migration. Les programmes dans les pays prioritaires doivent être réduits si ceux-ci ne sont pas suffisamment prêts à accepter ce lien, par exemple en reprenant leurs ressortissants qui sont renvoyés de la Suisse. La gauche n'a pas réussi à biffer cette conditionnalité. L'UDC n'a pas réussi non plus à la rendre plus stricte.
Santé et éducation
Le Parlement s'est encore accordé sur la politique extérieure en matière de santé 2019-2024. Estimant que la politique de santé devait constituer un élément central de la coopération internationale, la Chambre du peuple a exigé de la prolonger d'une période supplémentaire. Arguant que le gouvernement a déjà validé la prolongation, la Chambre des cantons avait mis son veto, avant de plier.
Dans le domaine de l'éducation également, l'expertise de la Suisse doit être utilisée dans le cadre de la coopération internationale. Le Parlement a précisé que les thèmes de la santé et de l'éducation doivent être pris en compte dans le cadre des moyens mis à disposition.