Depuis la dernière incursion militaire de l’Azerbaïdjan en septembre 2023, le Haut-Karabakh s’est vidé de sa population arménienne. Depuis, la région a été le théâtre d’un nettoyage ethnique bien documenté: le patrimoine culturel arménien, notamment les églises, les monastères et les cimetières, est systématiquement détruit ou dénaturé.
L’objectif de ce forum est de permettre un dialogue entre l’Azerbaïdjan et les représentants du peuple arménien du Haut-Karabakh afin de négocier le retour collectif, en toute sécurité, de la population arménienne qui vivait depuis des générations dans la région.
La Suisse a déjà fourni de précieux services en ce qui concerne l’Arménie: en octobre 2009, la médiation suisse a débouché sur la signature des protocoles de Zurich entre l’Arménie et la Turquie, qui visaient à normaliser les relations bilatérales, a rappelé pour la commission Nicolas Walder (Vert-e-s/GE).
"Confrontés à l'urgence de la situation, nous sommes convaincus que la Suisse, en tant que dépositaire des conventions de Genève, devrait jouer un rôle pro-actif dans la résolution de ce conflit", a-t-il dit.
Pas de demande
Le Conseil fédéral est opposé à cette demande. Il revient à l'Arménie et à l'Azerbaïdjan de régler ce conflit. La Suisse comme le reste de la communauté internationale n'a pas reconnu le Haut-Karabakh, a précisé le chef de la diplomatie Ignazio Cassis.
Les deux parties ont décidé de négocier de manière bilatérale et plusieurs avancées ont déjà été enregistrées comme l'échange de prisonniers, a-t-il expliqué. Le DFAE reste à disposition pour offrir ses bons offices.
Une minorité de droite est aussi contre cette idée. Le groupe de Minsk de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est jusqu'à présent responsable de la médiation, a rappelé Roland Rino Büchel (UDC/SG). Mais aujourd'hui, ni l'Arménie, ni l'Azerbïdjan n'ont demandé une aide extérieure. Organiser une conférence de paix en l'absence d'une demande des parties pourrait être contreproductif, selon lui.