(ats) La présence des ressortissants ukrainiens, au bénéfice d'un statut S, a occupé le Grand Conseil valaisan mercredi. Le Conseil d'Etat a répondu à une interpellation de l'UDC du Haut-Valais (SVPO), désireux de connaître le coût de la présence de ces personnes ayant fui la guerre.

Au 1er janvier 2023, 2194 personnes ayant obtenu le statut S étaient hébergées en Valais. Ce nombre se montait à 2428 au 1er janvier 2024, fruit de 1008 arrivées pour 874 départs en cours d'année.

Les permis S ukrainiens représentaient le 36,3% de la totalité des personnes relevant du domaine de l’asile attribuées au canton du Valais, au 1er janvier 2024. Les dépenses occasionnées par la prise en charge des personnes en provenance d’Ukraine se sont élevées à 28,9 millions pour 2022 et à 40 millions pour 2023. Pour 2024, le canton table sur 46 milions de francs et sur 47,3 millions de francs, pour l'année en cours.

Les dépenses cantonales pour l’assistance, l’encadrement et l’intégration des personnes avec un permis S sont financées par la Confédération par des forfaits qui se montent à 1500 francs par mois. Le taux d’autofinancement du domaine de l’asile en Valais est donc d'environ 90%.

Un succès pour Le Centre

Via une motion commune, les deux groupes du Centre ont également plaidé pour une adaptation de la loi d'application de la loi fédérale sur les étrangers, afin notamment d'inclure des dispositions traitant de l'encouragement, des obligations, de la convention d'intégration, des contributions financières et de la réglementation du forfait d'intégration.

"Ne rien faire aujourd'hui coûtera plus cher demain. Chaque personne qui trouve un emploi, c'est une aide sociale en moins et une contribution supplémentaire à notre économie", a estimé la Centriste Alexia Héritier. Au vote, la députée a été suivie, le Parlement cantonal ayant voté oui par 76 voix contre 51 et 1 abstention.

En moyenne suisse, 22% des titulaires d'un permis S sont intégrés professionnellement dans notre pays. Ce chiffre est de 15% en Valais contre 32,2% dans les Grisons "qui ont créé des programmes d'intégration spécifiquement axés sur le marché du travail cantonal, ce qui fait largement défaut dans notre canton", estiment les motionnaires.

Le Valais veut suivre l'exemple allemand

Toujours sur le même thème, les deux groupes du Centre et le PLR ont déposé une motion, afin de modifier le système de paiement utilisé pour verser de l'argent aux requérants d'asile. Les motionnaires ont prôné le paiement de ces aides financières, via des cartes de paiement et non plus en liquide, "afin que l’argent mis à disposition reste chez nous. En outre, cette solution ferait de la Suisse un pays moins attrayant pour les demandeurs d’asile." Défenseur de la motion, le Centre du Haut-Valais a rappelé que le procédé est déjà en place dans certains Länders allemands.

Pour les Vert.e.s, il s'agit d'une idée stigmatisante et disproportionnée au vu des montants perçus (500 francs en moyenne),. L'UDCVr a, lui, plaidé pour des bons d'achat à la place de montants en argent liquide.

Par 71 voix contre 54 et 2 abstentions, le plénum a accepté la motion. Celle-ci est de facto transmise au Conseil d'Etat pour réponse.