(ats) Le Conseil fédéral se montre préoccupé par les réductions budgétaires et les retraits d'organisations internationales décidés par le président américain Donald Trump et son administration. Cela représente un "défi sérieux" pour la Genève internationale et le multilatéralisme.

La Suisse défend ses valeurs au niveau bilatéral et dans les enceintes multilatérales, a rappelé lundi le gouvernement en réponse à des questions des conseillers nationaux Nicolas Walder (Vert-e-s/GE) et Marc Jost (PEV/BE). Un multilatéralisme efficace et ciblé ainsi qu'un ordre fondé sur le droit international sont indispensables pour relever les défis mondiaux.

Les Etats-Unis sont un acteur central dans le multilatéralisme et l'un de ses fondateurs, a poursuivi le Conseil fédéral. Il s'est dit déterminé à poursuivre la coopération avec Washington dans ce cadre.

Le gouvernement s'est encore inquiété du fait qu'aucun pays ne pourrait combler le vide laissé par les Etats-Unis à court ou moyen terme, alors que l'aide publique américaine au développement s'élevait en 2023 à 64,69 milliards de dollars, soit près d'un tiers du total de l'aide publique au développement de tous les pays de l'OCDE. Ce d'autant plus que la coopération au développement et l'aide humanitaire font et ont fait l'objet de coupes budgétaires dans de nombreux pays, dont la Suisse.

Le Conseil fédéral a indiqué qu'il entend renforcer le rôle de la Suisse en tant qu'Etat-hôte dans sa stratégie pour les années 2026 à 2029, qu'il présentera en été. Le Département fédéral des affaires étrangères est en outre en contact avec les autorités cantonales genevoises, qui ont aussi adopté des mesures.

Dans son intervention, M. Walder parle d'"orientation idéologique fascisante d'extrême droite portée par l'administration Trump". Le gouvernement répond que la liberté d'expression et le fait d'écouter la population sont des éléments essentiels pour une démocratie directe. Il dit maintenir ses relations étroites avec tous ses partenaires, dont les Etats-Unis.