(ats) L'élection de Martin Pfister au Conseil fédéral mercredi n'a pas fait que des heureux. La gauche critique un gouvernement toujours plus à droite et l'UDC jugera sur pièces le nouveau ministre. Tous demandent une reprise en main du Département fédéral de la Défense.

Avec l'élection de Martin Pfister, le Conseil fédéral vire encore plus à droite, estiment les Vert-e-s dans un communiqué. Ce renforcement du bloc bourgeois et conservateur, "le bloc des cinq", menace à la fois la protection de l'environnement et la justice sociale, selon eux.

La surreprésentation d'hommes proches de la retraite ne représente pas du tout la population, poursuivent les écologistes. Le parti attend du nouvel élu qu'il défende davantage la justice sociale et globale. Pour les Vert-e-s, c'est à l'UDC de reprendre le Département fédéral de la Défense (DDPS).

"Une élection difficile"

"Pour nous, c'était une élection difficile", a témoigné la co-présidente du Parti socialiste Mattea Meyer, qui a rappelé son insatisfaction face au ticket proposé par Le Centre. "Les parlementaires ont sûrement choisi un style", celui plus doux (de Martin Pfister), selon le conseiller national Samuel Bendahan (PS/VD).

Le Ps souhaite que Martin Pfister prenne position en faveur des droits de l'homme, de l'Etat de droit et de la démocratie. Il doit être un adversaire de Trump et de Poutine et analyser comment on en est arrivé au chaos dans l'armée, selon Mattea Meyer.

Stabiliser le DDPS

Le Plr exige lui du Zougois qu'il agisse rapidement dans l'hypothèse d'une probable reprise du DDPS. "Notre industrie d'armement est au bord du gouffre. Une stratégie globale de la Suisse fait défaut", estime le PLR sur le réseau X.

La neutralité armée est menacée par ceux qui veulent abolir l'armée et ceux qui montrent de la compréhension à l'égard de Poutine, écrit le Parti libéral-radical. Il faut donc mettre la priorité sur l'armée et la protection civile. Le service civil devrait être lui supprimé.

Il s'agit d'un "choix de confiance" pour M. Pfister, qui a laissé une impression de consensus, de calme et de capacité à construire des ponts, selon Jacqueline De Quattro (PLR/VD).

De nombreux défis

Le Centre, parti de Martin Pfister, attend du Conseil fédéral qu'il agisse de manière collégiale et fasse de la sécurité et de la défense une priorité absolue. La guerre en Europe démontre la nécessité de renforcer la politique de sécurité nationale.

"Le Département de la défense ne gère pas seul la défense du pays, plusieurs départements sont impliqués", a souligné Charles Juillard, son vice-président. "La Suisse a besoin d'un gouvernement fort et uni", selon le parti.

L'udc jugera le nouveau conseiller fédéral Martin Pfister à l'aune de son travail. "De nombreux chantiers attendent Martin Pfister s'il reprend comme prévu le DDPS. Je lui fais confiance", a déclaré le président de l'UDC Marcel Dettling à la radio-télévision SRF. Je peux très bien vivre avec ce choix", a-t-il ajouté, alors que son parti soutenait son adversaire Markus Ritter.

Il conseille au nouveau ministre de "rester sous le radar" dans le contexte géopolitique actuel et de ne pas attirer les conflits étrangers en Suisse. "La neutralité est importante" et M. Pfister devrait "restaurer la sécurité", a déclaré Marcel Dettling.

Un Département important

Du côté des organisations, les attentes envers le nouveau conseiller fédéral sont aussi élevées.

Le Groupe pour une Suisse sans armée demande au probable futur chef du DDPS de faire voter le peuple sur le "réarmement" de l'armée suisse. Il attend une stratégie cohérente en matière de politique de sécurité, axée sur les menaces réelles, au lieu de continuer à réarmer l'armée de manière désordonnée. En outre, l'armement à coups de milliards ne doit pas se faire au détriment d'autres domaines liés à la sécurité, comme la protection du climat et la coopération internationale.

Pour economiesuisse, l'ensemble du Conseil fédéral va être mis à contribution après "l'élection pour la sécurité" de Martin Pfister. Il y a encore peu de temps, il était impensable qu'un candidat au Conseil fédéral postule activement pour le département de la défense. Désormais, celui-ci a "massivement gagné en importance".