(ats) La Suisse doit organiser un forum international sur la paix dans le Haut-Karabakh au plus vite. Le Parlement a forcé le gouvernement à rendre cet événement possible en lui imposant un délai d'un an.

Après le National en décembre, le Conseil des Etats a validé mardi par 29 voix contre 12 une motion en ce sens. Le but de la rencontre est de négocier le retour collectif de la population arménienne dans la région du Haut-Karabakh, désertée depuis la dernière incursion militaire de l'Azerbaïdjan.

La Suisse a un rôle de médiatrice à jouer, ont estimé les sénateurs. Le pays a en outre tout intérêt à promouvoir la paix dans la région, ses relations avec l'Azerbaïdjan dans le domaine de l'énergie étant étroites.

Certains parlementaires jugeaient problématique de réunir l'Azerbaïdjan et le peuple arménien du Haut-Karabakh, ce dernier n'étant pas reconnu par la Suisse. Il est au contraire primordial d'inclure cette population dans les négociations, sinon les chances d'un retour des personnes concernées se réduisent considérablement, a contré Céline Vara (Vert-e-s/NE), soutenue par le reste de la gauche et plusieurs sénateurs du Centre et du PVL.

"Au mieux inutile, au pire néfaste"

Le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis a rappelé qu'en l'état l'Arménie et l'Azerbaïdjan ne veulent pas d'une médiation via la Suisse, qui a déjà proposé ses bons offices. Les deux pays ont d'ailleurs annoncé la semaine dernière s'être entendus sur un accord de paix.

Ce projet, qui va à l'encontre du droit international, est au mieux inutile, au pire néfaste pour la Suisse, a déclaré le Tessinois. Sans succès.

Quelque 100'000 déplacés

A l'issue de l'offensive azerbaïdjanaise de septembre 2023, Bakou a repris le contrôle du Karabakh, ce qui a poussé à l'exode la quasi-totalité de la population ethniquement arménienne, soit quelque 100'000 personnes.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont connu plusieurs affrontements transfrontaliers depuis leur indépendance à la chute de l'Union soviétique en 1991. La Russie, l'UE et les Etats-Unis ont tous, à différents moments, participé à des efforts de médiation.

Une rencontre bilatérale entre les ministres des affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais avait eu lieu à Genève en 2022. Les négociations durent depuis des années et ont été marquées par des périodes d'avancées mais aussi de tensions.