(ats) La Confédération devra se pencher sur le phénomène de la violence des enfants envers leurs parents. Le National a accepté mardi, par 113 voix contre 77, un postulat de Jacqueline de Quattro (PLR/VD) réclamant un rapport sur cette question encore taboue.

La violence d'enfants envers leurs parents, appelée VEP, est en progression. C'est ce que constatent les spécialistes et les milieux concernés. De plus en plus d'enfants et d'adolescents adoptent un comportement violent et répété envers leurs parents, qui conduit à un renversement de la hiérarchie familiale.

La Vep peut être verbale, physique, émotionnelle, financière et même sexuelle. Ce sont le plus souvent les mères qui en sont les victimes, indique la Vaudoise dans son texte. Entre 2021 et 2023, la police a enregistré en moyenne 388 personnes pour des actes de violences contre leurs parents. Les 15-19 ans sont surreprésentés.

Les chiffres connus ne sont que la pointe de l'iceberg. La majorité des parents hésite à porter plainte, par honte ou par attachement. La VEP reste encore taboue, a poursuivi Mme de Quattro.

Les spécialistes se plaignent en outre de ne disposer ni d'état des lieux ni de chiffres précis sur cette thématique, alors que des études ont été menées au niveau européen et en Australie, notamment. La Suisse doit aussi s'y mettre, selon l'élue PLR.

Mesures prises

Le Conseil fédéral n'estimait pas nécessaire de faire un rapport sur la thématique. De nombreuses mesures ont déjà été mises en place par les cantons, en collaboration avec la Confédération, dans le cadre du plan d'action national pour la mise en oeuvre de la Convention d'Istanbul.

Berne alloue aussi des aides financières aux organisations familiales actives dans toute la Suisse comme Pro Juventute. Prévenir cette violence ainsi que mettre en place et financer une offre de conseil relève au final de la compétence des cantons, a dit la ministre de l'intérieur Elisabeth Baume-Schneider. En vain.