Les questions ont fusé tant sur la situation au Proche-Orient que sur les rapports économiques avec les Etats-Unis. Damien Cottier (PLR/NE) a rappelé que la situation économique tendait vers le régionalisme et le protectionnisme. "L'instabilité géopolitique s'accroît et le nouveau gouvernement des Etats-Unis ajoute un risque supplémentaire."
"C'est un signal d'alarme que nous prenons au sérieux", a déclaré Sophie Michaud Gigon (Vert-e-s/VD). La Suisse doit faire preuve de fermeté, elle ne peut pas rester neutre face à ces bouleversements.
Aucun respect des règles
"Ce protectionnisme états-unien devient chaque jour plus bruyant et sans compromis", a avancé Corina Gredig (PVL/ZH). Quand Donald Trump parle de "America First", il pense "America alone". "Il ne respecte aucune règle."
Mais une guerre commerciale n'a jamais enrichi une population, au contraire, elle diminue le pouvoir d'achat, a ajouté Céline Weber (PVL/VD). Et d'appeler à ne pas négocier un nouvel accord commercial avec les Etats-Unis à n'importe quel prix.
Ces incertitudes pèsent sur nos entreprises, nos places de travail et notre prospérité, a poursuivi Elisabeth Schneider-Schneiter (Centre/BL). Les entreprises ne savent plus comment réagir, a ajouté Beat Walti (PLR/ZH).
Et Mme Michaud Gigon d'appeler à "maintenir notre savoir-faire et à renforcer notre souveraineté". "Nous devons revoir notre politique économique extérieure et ne pas la laisser au hasard. Elle doit être pro-européenne, préventive et stratégique, plus ancrée dans notre époque." Pour Sibel Arslan (Vert-e-s/BS), la politique actuelle est "pâle et incohérente".
Ligne claire
Cette situation exige une ligne claire du Conseil fédéral. Aux yeux du PLR, des réflexes populistes seraient absolument faux. "C'est se tirer une balle dans le pied", a affirmé M. Walti. A long terme, le gouvernement doit assurer la prospérité de la Suisse et le marché ouvert, notamment par des accords comme celui avec le Mercosur et l'accord avec l'Inde.
Le Ps a critiqué le manque d'action du gouvernement face à la politique de Donald Trump. "Pourquoi céder au chantage, à une politique de caïd dans une cour de récréation?", a lancé Samuel Bendahan (PS/VD). "Donal Trump profère des menaces, et la Suisse apaise le Dieu argent." Et d'appeler à ne pas céder et à se tourner vers "les alliés de la démocratie".
L'udc a estimé de son côté que des droits de douane de 32% sur les exportations suisses sont une "situation inconfortable". Les négociations avec les Etats-Unis sont une "fenêtre d'opportunité". "Il faut saisir toute occasion pour agir, pour conforter notre position et négocier un meilleur accès au marché américain", a argué Pierre-Alain Page (UDC/FR).
Alarmant
"Cela fait plusieurs années que nous observons une détérioration de notre environnement international. Les intérêts égoïstes des Etats deviennent plus visibles", a répondu le ministre de l'économie Guy Parmelin.
Mais "nous devons garder la tête froide, examiner les possibilités et rester réalistes". Pour le Vaudois, la priorité est la préservation des intérêts de la population suisse. Les résultats des négociations ne devront pas aller à l'encontre des autres accords internationaux de la Suisse.
Proche-Orient
La situation au Proche-Orient s'est aussi invitée dans le débat. "Quand Israël piétine le droit humanitaire, le Conseil fédéral ne réagit pas", a critiqué Fabian Molina (PS/ZH). Les réponses doivent être l'aide humanitaire, la démocratie, la coopération internationale. La position politique doit être claire, a demandé Mme Arslan.
"La Suisse exige toujours le strict respect du droit humanitaire et l'accès de l'aide humanitaire à Gaza", a assuré M. Parmelin. Et de poursuivre que la Suisse ne laisse aucune marge d'appréciation sur ce respect. "Le retour à la voie du dialogue est indispensable."
Le parti socialiste a lancé une pique à Ignazio Cassis, absent du débat alors que ce dernier touche directement les affaires étrangères.