(ats) Alors que l'abandon de la chaussée roulante fin 2025 a soulevé des critiques dès son annonce en mai, le National a montré son mécontentement mardi. Il a adopté une motion de commission visant à utiliser l'argent initialement destiné au ferroutage pour des mesures de compensation dans le transfert de la route au rail.

Avec l'abandon prématuré de la chaussée roulante à la fin de l'année, on renonce à un instrument de transfert éprouvé, auquel ont chaque année recours quelque 72'000 camions en transit, a souligné David Roth (PS/LU) pour la commission. Sans mesures de compensation efficaces, la politique de transfert risque de subir un nouveau recul.

En 2024, le nombre de camions ayant traversé les Alpes était à nouveau aussi élevé qu'en 2016. Si aucune mesure n'est prise, la barre du million sera de nouveau franchie en 2026 au plus tard, ce qui serait en totale contradiction avec le mandat de transfert qui figure dans la Constitution fédérale, a continué M. Roth.

"Il s'agit de renforcer un pilier de notre système actuel", a déclaré le co-rapporteur Alex Farinelli (PLR/TI). La motion ne prévoit pas d'augmenter les dépenses publiques mais d'utiliser de manière efficace les fonds déjà prévus pour protéger l'environnement.

Le texte demande donc que les fonds destinés à la chaussée roulante, d'environ 50 millions de francs, dans le plafond des dépenses 2024-2028 soient intégralement utilisés pour promouvoir des mesures supplémentaires de transfert sur le rail du fret transalpin de 2026 à 2030. Cet argent doit rester dans ce domaine, en servant par exemple à mettre fin au fléchissement du soutien au transport combiné non accompagné (TCNA), soit le transport de conteneurs.

Pas nécessaire

L'udc, soutenue par quelques élus du PLR et du Centre, était opposée, ne voyant pas la nécessité de prendre de telles mesures. Le Conseil fédéral était aussi contre, estimant qu'augmenter les moyens versés au TCNA n'était pas opportun. La hausse temporaire de l'encouragement financier proposé ne donnerait des impulsions supplémentaires à la politique de transfert que de manière limitée, selon le ministre des transports Albert Rösti. Sans succès.

La motion a été validée par 123 voix contre 70. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.