(ats) Le travail après 65 ans doit être davantage encouragé en Suisse. Le National a donné son feu vert lundi à deux motions du Conseil des Etats renforçant les avantages financiers en cas de travail prolongé. L'anticipation de la rente devrait aussi être moins attrayante.

Selon la première motion, la franchise au-delà de laquelle les travailleurs de plus de 65 ans sont tenus de cotiser pour l'AVS doit passer de 16'800 francs à 21'800 francs. Cette mesure ciblée permettra d'encourager la poursuite volontaire du travail après l’âge ordinaire de la retraite dans l’AVS, a dit Cyril Aellen (PLR/GE) au nom de la commission compétente.

Un relèvement modéré de la franchise n’entraînerait pas de baisse massive des recettes de l'AVS, en raison du nombre restreint de personnes concernées. Il faut utiliser les leviers raisonnables pour encourager celles et ceux qui veulent travailler au-delà de 65 ans. Face à la pénurie de main-d'oeuvre et au vieillissement de la population, ces motions seront utiles, a plaidé le PLR genevois.

Il faudra en outre tenir compte de la situation des personnes ayant une longue carrière professionnelle ou un travail pénible. Il a été suivi par 130 voix contre 60.

Attendre ou accélérer

Le Conseil fédéral était d'accord avec la proposition. Mais il proposait d'attendre la grande réforme AVS2030. La majorité de la Chambre a au contraire demandé une mise en oeuvre rapide de la motion, indépendamment de la future réforme.

Une augmentation de la franchise réduirait les recettes de l’AVS de plus de 50 millions de francs, sans apporter de véritables bénéfices supplémentaires, a plaidé en vain Valérie Piller Carrard (PS/FR). Pour la gauche, la réforme AVS 21 prévoit en plus déjà des incitations à la poursuite du travail.

Anticipation de rente moins attrayante

La Chambre du peuple a aussi soutenu par 129 voix contre 62 un deuxième texte des Etats, qui demande d'augmenter le supplément de rente lorsqu'un travailleur décide d'y toucher plus tard. Dans le même temps, la ponction sur la rente en cas de retraite anticipée doit être maintenue, voire relevée, afin de rendre cette anticipation moins attrayante.

Là aussi, la Chambre veut une mise en oeuvre rapide, sans attendre de réforme plus globale. Elle a donc modifié la motion du Conseil des Etats.

La gauche a critiqué sans succès des mesures visant à flexibiliser l'âge de la retraite qui, de facto, pourraient conduire à ce que certaines personnes doivent travailler plus longtemps pour atteindre une rente leur assurant le minimum vital. Le Conseil fédéral était également opposé.