La violation répétée de l'espace aérien polonais et les grandes manœuvres effectuées simultanément par des troupes russes et bélarusses à proximité de la frontière montrent clairement que la Russie cherche des failles dans les systèmes de défense, a avancé Marianne Binder-Keller (Centre/AG) au nom de la commission. Une situation extraordinaire demande une réponse extraordinaire, a-t-elle avancé.
Selon le Département fédéral de la défense (DDPS), la Suisse n'est actuellement pas en mesure de repousser une attaque de drones comme celle qu'a connue la Pologne, a rappelé l'Argovienne. Une stratégie de défense nécessitera des mesures conventionnelles, comme des systèmes de défense sol-air, et non conventionnelles, comme des drones de défense.
Etant donné qu'une stratégie de défense devrait être prête dans quelques mois, il faut également viser une coopération directe avec des entreprises suisses lors de l'acquisition des systèmes. "En situation extraordinaire, les procédures d'acquisition que nous avons connues par le passé ne sont plus adaptées."
Responsabilité
La situation en matière de politique de sécurité en Europe s'est nettement détériorée au cours des derniers mois, reconnaît le Conseil fédéral. Il est donc prêt à donner la priorité à la défense sol-air dans le cadre des moyens disponibles, ce qui aura des répercussions sur le rétablissement d'autres capacités.
Pour Franziska Roth (PS/SO), la priorité serait de savoir qui est responsable au sein de la Confédération. Parce que si personne n'est responsable, les moyens alloués ne servent à rien, a-t-elle critiqué. Et de rappeler "qu'on ne peut pas tirer sur des drones sans autorisation préalable".
Le Conseil national se prononcera la semaine prochaine sur une motion identique.