Depuis 2016, ces nouvelles filières, appelées PiBS, existent dans le cadre d'une phase-pilote. Désormais, le Conseil fédéral souhaite pérenniser ce modèle. Tout le monde s'est montré majoritairement satisfait, des hautes écoles spécialisées (HES) aux entreprises participantes, en passant par les cantons, a rappelé le ministre de la formation Guy Parmelin.
Le modèle accroît aussi la proportion de femmes et n'entraîne aucun effet négatif sur le système éducatif. Il permet également de lutter contre la pénurie de personnel qualifié au niveau micro-économique, même si les effets ne se font pas encore ressentir au niveau macro-économique, a continué le conseiller fédéral.
Ce modèle est désormais établi dans les hautes écoles, dans les trois régions linguistiques, a complété Andrea Gmür-Schönenberger (Centre/LU) pour la commission. Fabien Fivaz (Vert-e-s/NE) a salué un renforcement du système de formation. La phase-pilote a permis de démontrer que le modèle fonctionne, qu'il est viable, qu'il aide l'économie sans détruire le système éducatif, a-t-il énuméré.
Crainte d'une boîte de Pandore
L'udc, soutenue par quelques élus PLR et du Centre, était opposée au projet. Ce camp craignait que ce nouveau modèle n'affaiblisse le système de formation dual existant. Benedikt Würth (Centre/SG) a craint que la possibilité ne soit à l'avenir étendue à d'autres domaines que MINT. Il a encore relevé qu'on change un élément à long terme dans le système de formation, alors que la situation sur le marché du travail est volatile.
M. Parmelin a rappelé qu'il s'agit d'une offre de niche. Le nombre d'étudiants dépend du nombre de places de formation proposées par les entreprises.
Le Conseil des Etats a ajouté une disposition visant à renforcer l'importance de l'évaluation. Si le Conseil des hautes écoles devait constater des effets indésirables, la Confédération serait chargée d'ouvrir de nouvelles négociations sur l'aménagement de ces filières de bachelor intégrant une partie pratique ou, le cas échéant, d'en supprimer l'offre dans son ensemble.
Le dossier repart au National pour cette dernière divergence.
40% du cursus
Ces filières d'études comportent une orientation pratique plus marquée. A temps plein, elles durent quatre ans au lieu de trois. La partie pratique en entreprise, qui doit être validée par la HES, représente 40% de la durée totale des études. Pour être admis dans ces filières, le candidat doit avoir signé un contrat de formation de quatre ans avec une entreprise, qui doit aussi être approuvé par la HES.
Les titulaires d'une maturité gymnasiale ou d'une maturité professionnelle qui n'ont pas de CFC dans le domaine d'études choisi peuvent accéder directement aux filières PiBS. L'expérience du monde du travail d'au moins un an n'est pas demandée.
Le Conseil fédéral prolonge dans le même temps jusqu'à fin 2026 l'ordonnance réglant la phase-pilote.