(ats) La Suisse pourra renforcer sa position d'Etat hôte, dans un contexte de crises. Suivant le National, le Conseil des Etats a approuvé lundi un plafond de dépenses de 122,6 millions de francs pour 2026-2029, principalement en faveur de la Genève internationale.

Le Conseil fédéral a adopté en juin dernier un paquet de mesures urgentes ainsi que le nouveau message sur la Suisse en tant qu'Etat hôte pour la période 2026-2029. Le crédit-cadre est augmenté de 5% par rapport à la période précédente pour renforcer l'accueil, les infrastructures, les partenariats et la gouvernance des nouvelles technologies.

L'augmentation du crédit-cadre sera compensée au sein du Département fédéral des affaires étrangères, au vu de la situation financière de la Confédération. A ce crédit-cadre s'ajoutent 83 millions pour des mesures urgentes, en 2026, destinés aux organisations en difficulté de liquidités.

Le troisième volet est un programme extraordinaire d'investissements immobiliers sur trois ans, sous la forme d'un prêt sans intérêts à la Fondation des immeubles pour les organisations internationales à hauteur de 78 millions de francs.

Monde en crise

Le monde est en crise, et cela ne va pas changer ces prochaines années, a complété le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis. Mais la position de la Suisse dans cette crise peut changer. Or le multilatéralisme est un pilier de la politique extérieure helvétique, a commenté le conseiller fédéral. "Il en va de l'image de notre pays", a abondé Pascal Broulis (PLR/VD).

Carlo Sommaruga (PS/GE) a relevé la concurrence croissante entre Etats pour accueillir les organisations internationales ainsi que les réductions ou suspensions des contributions de certains Etats en la matière. Il a aussi rappelé les nombreuses crises actuelles à l'international: Ukraine, Gaza, Soudan ou encore République démocratique du Congo.

M. Cassis a encore relevé les importantes retombées économiques de l'écosystème de la Genève internationale pour le pays. Il s'agit de soutenir la Genève internationale pour garder en Suisse les places de travail, a ajouté Matthias Michel (PLR/ZG) pour la commission.

Pascal Broulis et Andrea Gmür-Schönenberger (Centre/LU) ont eux souligné qu'il n'y a pas que la Genève internationale qui est concernée, mais aussi le canton de Vaud et ses organisations internationales dans le domaine du sport.

Ni plus ni moins

Avançant des arguments d'économies budgétaires, l'UDC ainsi que quelques élus du PLR et du Centre ont tenté de réduire l'enveloppe de moitié, avec un plafond fixé à 61,3 millions. Pirmin Schwander (UDC/SZ) a estimé que la Confédération, le canton de Genève et la ville de Genève avaient déjà apporté un grand soutien financier.

A l'opposé, la gauche souhaitait aller plus loin que le Conseil fédéral et demandait un crédit d'engagement de 152,6 millions de francs. Ces fonds supplémentaires doivent servir à financer des mesures urgentes ces trois prochaines années, selon Carlo Sommaruga.

Au final, la proposition du gouvernement n'a pas été modifiée. Au vote sur l'ensemble, elle a été validée par 36 voix contre 3.

Au vu de cette décision, le Conseil des Etats a, dans la foulée, refusé une initiative du canton de Genève demandant un soutien fédéral plus grand en faveur de la Genève internationale et du système multilatéral.

43 organisations internationales à Genève

La Suisse accueille aujourd'hui 46 organisations internationales, dont 43 à Genève, plusieurs centaines d'ONG, ainsi que des institutions académiques et de recherche de premier plan. Enfin, 183 Etats membres de l'ONU sont représentés à Genève.

L'initiative du Conseil fédéral s'inscrit dans une approche coordonnée avec le canton et la ville de Genève, ainsi qu'avec des partenaires privés, la Fondation Wilsdorf en particulier.