(ats) Le ministre de l'environnement Albert Rösti a été assailli mercredi par une pluie de questions sur la politique climatique de la Suisse et ses manquements. Un débat d'actualité sur le sujet a été demandé par la gauche et les Vert'libéraux au National.

Les orateurs et oratrices, très majoritairement de gauche, se sont succédé pour questionner M. Rösti sur l'un ou l'autre point de la politique climatique de la Suisse, mais aussi pour savoir pourquoi la Suisse n'en faisait pas plus.

Le vice-directeur de l'Office fédéral de l'environnement a récemment indiqué qu'en l'état actuel, la Suisse manquera massivement ses objectifs climatiques pour 2030, a rappelé Jon Pult (PS/GR).

M. Rösti s'est dit surpris d'entendre les reproches selon lesquels le Conseil fédéral n'assume pas ses responsabilités et a défendu parfois avec véhémence l'action du gouvernement. Il a rappelé que la Suisse investit 3,4 milliards de francs par année pour le climat, à l'intérieur du pays et à l'international, soit plus que pour les paiements directs. De plus, quatre lois importantes sont entrées en vigueur cette année.

La Suisse ne peut rien toute seule

Certes, des efforts sont nécessaires, mais il faut des efforts mondiaux. La Suisse ne peut rien faire toute seule, elle ne pourra pas changer le climat avec les mesures qu'elle prendra chez elle, a souligné le Bernois. Et de renvoyer à la situation géopolitique mondiale.

Lors de la COP30 à Bélem, au Brésil, les pays ne sont même pas parvenus à définir une feuille de route non contraignante, a rappelé le ministre. Les plus gros émetteurs, dont la Chine, les Etats-Unis, l'Inde ou l'Arabie saoudite, n'étaient pas prêts à faire un pas dans cette direction.

Interrogé sur les coupes prévues dans le cadre du programme d'allègement, notamment de 400 millions dans le programme Bâtiment, M. Rösti a estimé qu'elles étaient raisonnables. Les personnes qui voulaient changer leur chauffage l'ont fait, les autres le feront quand leur système arrivera en fin de vie. Et de rappeler aux parlementaires qu'ils pourront encore se prononcer sur le sujet.

Egalement questionné sur la mise en place d'un système de taxe d'incitation, M. Rösti a estimé que cela est bien en théorie, mais en pratique, il faut tenir compte de la situation politique. Or la population avait rejeté une telle taxe en 2021.