(ats) Les mères adoptives doivent être mieux protégées contre le licenciement. Le Conseil des Etats a accepté, par 22 voix contre 21, de donner suite jeudi à une initiative du canton du Tessin qui demande de mettre sur un pied d'égalité les mères biologiques et adoptives.

Les mères biologiques sont protégées contre le licenciement durant la grossesse et pendant les seize semaines qui suivent l'accouchement. Les mères adoptives ne bénéficient pas d'une telle protection et risquent de se retrouver dans la situation désagréable de voir leur emploi menacé, écrit le canton du Tessin dans son texte. De plus, en différenciant les parents adoptifs des parents biologiques, le système présente un défaut.

Entre 2006 et 2016, le nombre d'adoptions au Tessin a diminué de 70%. Le problème ne réside pas dans l'intérêt pour l'adoption internationale, mais plutôt dans les difficultés liées à la procédure. Les conséquences professionnelles de la décision d'adopter un enfant en font partie. Les mères adoptives peuvent rencontrer les mêmes difficultés que les jeunes mères.

Les obstacles administratifs dans la procédure d'adoption pèsent bien plus dans la décision de ne pas adopter que l'absence de protection contre le licenciement, a opposé Pirmin Schwander (UDC/SZ) pour la commission. De plus, la protection contre le licenciement concerne la santé de la mère et de l'enfant pendant et après la grossesse. L'adoption est un processus différent. Les deux parents sont concernés.

La gauche et certains centristes ont plaidé pour le texte. Il s'agit de mettre sur un pied d'égalité les mères adoptives et les mères biologiques, a fait valoir Isabelle Chassot (Centre/FR). Et d'ajouter que l'arrivée d'un enfant, qu'il soit biologique ou adopté, représente un bouleversement.

Les pères et les mères ne sont pas égaux sur le marché du travail face à l'arrivée d'un enfant, a complété Mathilde Crevoisier Crelier (PS/JU). Elles ont été entendues.

Le dossier passe au Conseil national.