(ats) Le plan d'économies du Conseil fédéral a beaucoup fait parler mardi. Gauche et droite ont confronté deux visions opposées pendant plusieurs heures. A tel point que le National a manqué de temps au moment de voter sur le premier volet du paquet qui touche à l'agriculture. Les débats reprennent mercredi.

Le camp rose-vert et les partis bourgeois ne sont pas d'accord. Le PS et les Vert-e-s estiment qu'accepter les coupes, qui touchent particulièrement la recherche, le climat et les transports, revient à proposer des infrastructures et opportunités au rabais aux générations futures.

Les économies proposées par le Conseil fédéral sont, à leurs yeux, superflues au vu du bon état de santé économique de la Suisse, qui dispose d'un bon PIB et d'un taux d'endettement bas en comparaison internationale.

Le camp bourgeois dit lui refuser d'imposer des dettes à ces mêmes générations futures en ne prenant pas les mesures qui s'imposent aujourd'hui. Il en est certain, le plan d'allègement fiscal est indispensable au vu de l'augmentation des dépenses.

Toutes les tentatives de la gauche de faire couler le paquet dans son ensemble ont été balayées.

Doute sur l'agriculture

Les conseillers nationaux se sont ensuite succédé à la tribune pour donner leur avis sur les mesures à prendre ou non dans l'agriculture. Le Conseil fédéral veut couper alors que le Conseil des Etats souhaite épargner quasi totalement le secteur.

La commission du National propose un compromis: une coupe d'un peu plus de 50 millions, soit moitié moins que ce qui est prévu par le gouvernement. L'introduction de taxes sur les importations agricoles doit permettre d'obtenir de nouvelles recettes en parallèle.

La mesure est soutenue par la gauche et le groupe PLR, qui ne voient pas de raisons valables d'épargner complètement le secteur du paquet d'allègement financier. L'UDC quant à elle y voit une injustice pour le domaine, qui dépense peu.

Les députés voteront mercredi matin à la reprise des débats. Ils se prononceront aussi sur la mise en vigueur accélérée du Public Liquidity Backstop (PLB), un mécanisme conçu à la suite de la chute de Credit Suisse qui force les banques d'importance systémique à contribuer financièrement au risque pris par la Confédération.

Des recettes supplémentaires en résulteraient. La gauche est pour tandis que la droite s'est montrée plus frileuse.

Plus de 90 propositions à traiter

De longs échanges attendent à nouveau les députés mercredi. Au total, le National doit traiter 92 propositions. Les débats ont été annoncés sur deux jours, mais ils pourraient se prolonger jusqu'à jeudi.

Le Parlement doit boucler le projet d'ici la fin de cette session pour une mise en oeuvre du plan dans les temps. Un référendum sera très certainement déposé. La population devrait dans ce cas voter en septembre.

Le Conseil des Etats s'est déjà prononcé en décembre dernier. Il a réduit d'un tiers le paquet du Conseil fédéral, à 5,5 milliards. Le gouvernement tablait sur 8,5 milliards entre 2027 et 2029.