(ats) La gauche pourrait partir divisée sur un éventuel référendum contre le plan d'allègement 2027-2029. Les Vert-e-s y sont toujours favorables, selon son ex-président. Le PS se montre lui plus réticent.

"Nous sommes toujours plutôt partants pour un référendum", a déclaré le conseiller national Balthasar Glättli (Vert-e-s/ZH) à Keystone-ATS jeudi en marge de la session parlementaire. Le parti écologiste avait déjà fait savoir en septembre lors de la présentation du projet qu'il envisageait un référendum.

Le gouvernement propose une coupe de 8,5 milliards dans les finances fédérales entre 2027 et 2029 pour prévenir un trou dans les caisses. Le Conseil des Etats a baissé cette somme d'un tiers, à 5,5 milliards, en décembre. Le National l'a revue encore à la baisse cette semaine, la faisant passer à 5,1 milliards. La mouture finale du Parlement sera décidée d'ici la fin de la session de mars.

Malgré cette conséquente diminution, l'atteinte à des secteurs clés comme l'environnement est trop grande, estime M. Glättli. La présidence des Vert-e-s se décidera sur un potentiel référendum à l'issue de la session, indique-t-il. Le parti doit se réunir samedi 21 mars.

Cavalier seul

Pas sûr en revanche que les Vert-e-s obtiennent un soutien du reste de la gauche s'ils se lancent. "Le PS est plutôt réticent à un référendum", indique le co-président du parti Cédric Wermuth.

Si le paquet est refusé au vote populaire, les économies prévues dans le plan vont se répercuter sur le budget 2027 en raison du frein à l'endettement, explique-t-il. Et le référendum ne porterait que sur une petite partie du paquet d'allègement, comme il ne peut s'appliquer qu'aux changements purement législatifs.

Il risque finalement d'y avoir plus à perdre qu'à y gagner, estime l'Argovien. D'autant que le Parti socialiste a obtenu quelques victoires lors des débats au National. Il a par exemple réussi à limiter les coupes dans la formation.

Les votes étaient serrés, tout comme ceux en faveur de l'agriculture, finalement épargnée par les coupes. Les voix de quelques élus de gauche ont fait la différence dans ce dossier qui tenait à coeur à l'UDC.

Elections en arrière-plan

Le Ps se décidera sur sa position vis-à-vis d'un éventuel référendum une semaine environ après la réunion des Vert-e-s. Cette marge de manoeuvre que le parti s'accorde est la meilleure posture à adopter d'un point de vue tactique, selon M. Wermuth.

Ces considérations interviennent un peu plus d'un an avant les élections fédérales 2027. L'enjeu pour la gauche sera d'inverser la tendance après l'avancée du camp bourgeois et le net recul des Vert-e-s en 2023. Le PS était resté stable.

Des tensions entre socialistes et Vert-e-s s'étaient fait sentir lors de l'élection du conseiller fédéral PS Beat Jans la même année. Le parti écologiste avait reproché au PS de ne pas avoir soutenu son candidat, Gerhard Andrey (Vert-e-s/FR).