(ats) La Confédération doit continuer d'assurer l'exploitation du laboratoire souterrain du Mont Terri, à St-Ursanne (JU). Le Conseil des Etats a adopté tacitement mardi une motion de Charles Juillard (Centre/JU) demandant au Conseil fédéral de prendre des mesures à cet effet.

Au printemps 2025, l’Office fédéral de topographie a annoncé sa volonté de se retirer de l’exploitation du laboratoire souterrain du Mont Terri au 31 décembre 2026 car il doit économiser 1,5 million dans le cadre du programme d'allégement. Ce retrait soulève un certain nombre d’interrogations quant à la pérennité des activités qui sont menées au sein du laboratoire.

Vingt-deux organisations partenaires, réparties dans dix pays, y mènent des expériences aussi bien dans le domaine du stockage de déchets nucléaires que de CO2 après captation, a rappelé le Jurassien.

L'indépendance et la neutralité de l'exploitation sont des prérequis indispensables pour la crédibilité du laboratoire vis-à-vis des organisations partenaires. Elles ne peuvent être garanties que par la Confédération. C'est pourquoi le Conseil fédéral doit examiner toutes les options possibles pour que la gestion et le contrôle du laboratoire soient reprises par un autre office de la Confédération ou une école polytechnique fédérale.

Inquiétude jurassienne

La semaine passée, le Gouvernement jurassien a indiqué qu'il n'était pas convaincu par le modèle de gestion du laboratoire que swisstopo lui a présenté, prévoyant que la gestion opérationnelle du site soit confiée à la Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra).

Cela impliquerait la suppression de la commission de suivi, composée notamment d'experts indépendants. Cette dernière est "la garantie de la probité des travaux menés sur le site, notamment en termes de sécurité du programme scientifique", soulignait l'exécutif. Et de considérer cette option "en aucun cas admissible".

Le Conseil fédéral est prêt à examiner d'autres solutions dans le cadre de cette motion, qu'il soutenait. Mais il faut aussi la volonté du canton pour trouver une solution, a souligné le ministre de la défense Martin Pfister.

Le National doit encore se prononcer.