Depuis plusieurs années, la Suisse tente de négocier, aux côtés de la France et de l’Espagne, un accord humanitaire pour obtenir la libération de cinquante-huit otages toujours prisonniers des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) dans la forêt colombienne. Le ministre colombien des Affaires étrangères Fernando Araujo qualifie les FARC de rebelles et de «trafiquants de drogue qui se livrent au terrorisme». Il faut rappeler que l’actuel chef de la diplomatie colombienne fut pendant six ans l’otage des Forces armées révolutionnaires. Acquise à la faveur d’une attaque aérienne de l’armée colombienne, son évasion, le 31 décembre dernier, lui a permis de retrouver sa liberté, après cinq jours de marche dans la jungle.
Au niveau parlementaire, la visite du ministre colombien a été l’occasion de rencontres et d’entretiens avec la présidente du Conseil national, Christine Egerszegi-Obrist, le président du Conseil des Etats, Peter Bieri et le Vice-président de la Commission de politique étrangère du Conseil national, M. Gery Müller.
Les différentes discussions se sont concentrées sur les bonnes relations bilatérales et sur les problèmes inhérents à la Colombie, notamment:
- Trafic de drogue: Dans ce contexte, il faut une responsabilité partagée entre pays producteur et pays consommateur (les efforts de la Suisse contre le trafic et le blanchiment d’argent étant particulièrement bien appréciés).
- Coopération économique: Certaines entreprises suisses (Nestlé, Glenco, etc.) ont effectué des grands investissements en Colombie, qui ont eu un impact important sur le développement économique et social dans diverses régions (notamment à Cartagène). Selon le Ministre Araujo, trois conditions doivent être respectées pour effectuer des investissements: le payement des contributions fiscales, la responsabilité vis-à-vis de l’environnement (sur la base des règles colombiennes) et le respect des droits sociaux. A noter dans ce contexte que, selon le Ministre, la Colombie respecte les lois du travail édictées par l’OIT. Il faut toutefois rappeler que les leaders syndicalistes, comme les défenseurs des droits de l’homme, sont particulièrement menacés dans le pays.
- Accords de coopération: Divers accords sont en cours de négociation, voire de finition, en particulier l’Accord de libre échange AELE-Colombie et les accords bilatéraux sur la double imposition, sur la sauvegarde des biens culturels et sur le rapatriement.
Ressources énergétiques: Actuellement, la grande partie des ressources énergétiques en Colombie est hydroélectrique. Toutefois, des efforts sont entrepris pour le développement de sources d’énergie renouvelables (p.ex. énergie éolienne au nord du pays).
Les discussions ont eu lieu dans un climat très agréable et constructif. Il est certain que la personnalité et l’histoire du Ministre Araujo ont contribué à pimenter les échanges. Aujourd’hui, le chef de la diplomatie colombienne, grand fidèle du président Uribe, défend la thèse d’un Etat fort pour faire face aux conflits internes.