(ats) Staffan de Mistura a loué mercredi l'aide de la Suisse lors des négociations parmi "les plus délicates de l'époque". L'émissaire de l'ONU pour la Syrie s'exprimait après une rencontre à Berne avec les membres des Commissions de politique extérieure du Parlement.
Le diplomate tenait "beaucoup à venir ici" pour "manifester la reconnaissance de l'ONU, de la communauté internationale et des Syriens envers les autorités, le gouvernement et le peuple suisses", a-t-il affirmé lors d'une brève conférence de presse au Palais fédéral. Staffan de Mistura a réitéré son admiration pour "les capacités de la diplomatie suisse à faciliter les discussions. Elle est discrète, mais aussi efficace et créative, le tout dans un esprit de véritable neutralité intellectuelle", selon lui.
Le "miracle" de la coexistence suisse"
Interrogé par l'ats sur l'apport éventuel d'un fédéralisme "à la suisse" pour l'avenir de la Syrie, Staffan de Mistura a qualifié la question de "dangereuse": "elle rencontre de fortes sensibilités: il ne peut être en aucun cas question d'une partition de la Syrie. Quoi qu'il en soit, c'est aux Syriens de décider", a tenu à préciser l'émissaire spécial de l'ONU.
Il a cependant souligné que le "miracle" de la coexistence suisse était un "point de référence" dans les réflexions.
Pas évident de "dormir tranquille"
Staffan de Mistura a enfin évoqué son sentiment face à des négociations "les plus délicates de l'époque, d'une complexité remarquable". Il n'est "pas évident de dormir tranquille" à la pensée du nombre de civils qui meurent chaque jour dans la guerre et "par moments, on se demande si cela (négocier, ndlr) sert à quelque chose", a-t-il répondu à la question de l'ats.
Ce qui l'aide, "ce sont les Syriens eux-mêmes: s'ils ont encore du courage et de la foi en l'avenir, comment ne pas l'avoir nous aussi?", a conclu le diplomate.
ATS, 16.03.2016