Mme Ferrero-Waldner a informé le conseiller fédéral Joseph Deiss de la situation en Autriche après l´entrée du parti d´extrême droite FPÖ dans la coalition au pouvoir. M. Deiss s´est dit rassuré par la déclaration politique donnée par le gouvernement après son investiture.
Le FPÖ incluant des tendances pro-nazies et antisémites, la Suisse entend rester vigilante, a souligné M. Deiss. Berne jugera le nouveau gouvernement à Vienne sur la base de ses actes et non sur la base de préjugés.
Pro-européenne convaincue
Benita Ferrero-Waldner s´est refusée à parler d´isolement de son pays au sein de l´Union européenne (UE). Elle a d´ailleurs minimisé le caractère extrémiste du FPÖ décrié à Bruxelles. Le parti de Jörg Haider, partenaire du parti conservateur ÖVP dans la coalition, est à classer dans la droite populiste et protestataire.
L´hostilité des pays de l´UE au gouvernement autrichien n´a rien changé à la conviction pro-européenne de la ministre autrichienne. "Mon coeur bat pour l´Europe", a-t-elle déclarée, appelant de ses voeux le rapprochement de la Suisse avec l´UE.
Impact en Suisse
Les tensions que connaît l´Autriche avec ses partenaires de Bruxelles risquent d´alimenter le débat européen en Suisse. Les milieux hostiles à l´UE chercheront à en profiter pour influencer la votation sur les accords bilatéraux le 12 mai, a observé Joseph Deiss.
Le Conseil fédéral entend se battre contre le référendum. Les accords bilatéraux ne s´inscrivent pas dans un processus d´intégration de la Suisse à l´UE, a tenu à rappeler le chef du Déaprtement fédéral des affaires étrangères (DFAE).
Après la rencontre avec M. Deiss, Mme Ferrero-Waldner a eu un entretien avec les présidents des commissions de politique extérieure, Walter Frey (UDC/ZH) pour le Conseil national et Bruno Frick (PDC/SZ) pour le Conseil des Etats.
Crainte de débordements
Après un détour par l´ambassade, la ministre devait repartir à Vienne dans la soirée. Par crainte de débordements, les entretiens ont eu lieu au Lohn, résidence du Conseil fédéral située près de l´aéroport de Berne-Belp, où un important dispositif de police avait été mis en place.
En signe de protestation contre la venue de Mme Ferrero-Waldner, une quarantaine de personnes ont manifesté symboliquement sur la Place fédérale en fin de matinée. Ont notamment participé à cette action des parlementaires de gauche, des représentants du monde culturel et des membres de l´organisation SOS Racisme.
Manifestation en soirée
Une deuxième manifestation devait avoir lieu vers 18h00. Ses organisateurs, le mouvement "Alle gegen Rechts" tablait sur une participation d´une centaine de personnes au moins.
La venue en Suisse de Benita Ferrero-Waldner précédait de deux à trois semaines celle du chancelier autrichien Wolfgang Schüssel. La date n´est pas encore fixée, a expliqué M. Deiss. Répondant à un journaliste, le conseiller fédéral a indiqué qu´il n´avait aucun état d´âme à recevoir des ministres autrichiens.
sda/ats 08.03.2000