Il y a encore quinze ans, les mêmes personnes auraient voté en majorité contre l´adhésion, a déclaré le président de la commission Bruno Frick (PDC/SZ) devant la presse. Le 16 mars 1986, les Suisses refusaient d´ailleurs d´entrer dans l´ONU par 75,7 % des voix. Aujourd´hui, seul un membre de la commission s´y est opposé, Rico Wenger (UDC/SH), membre de l´ASIN.
Landsgemeinde des peuples
L´Organisation des Nations Unies (ONU) a beaucoup changé au cours des dernières années. Avec la fin de la guerre froide, elle a gagné en importance. Elle est devenue la "Landsgemeinde des peuples", le forum où l´on débat des problèmes du monde, a estimé Jean-Claude Cornu (PRD/FR).
Avec le Vatican, la Suisse est le seul pays à ne pas en faire partie, même si elle participe à la plupart des organismes affiliés. "Veut-on vraiment continuer à assister aux débats depuis la tribune des spectateurs ou parmi les touristes?", a-t-il demandé.
Bilan positif
Le bilan de l´action onusienne est en grande partie positif. "Même si elle n´a pas créé le paradis sur terre, l´ONU a rendu certains enfers plus supportables", a ajouté M. Frick. Auparavant véritable "mastodonte administratif", elle a mené des réformes pour corriger le tir. Et même si tout n´est pas encore parfait, le processus est en cours, selon M. Cornu.
Pour lui, une adhésion à l´ONU ne constituerait pas une révolution, mais permettrait de combler une lacune. En outre, la neutralité ne serait nullement mise en danger. La Suisse reprend déjà la plupart des sanctions contre des pays en guerre. Et les Nations Unies n´obligent aucun membre à participer à des actions d´imposition ou de maintien de la paix, a signalé le Fribourgeois.
Déclaration de neutralité
La commission salue l´idée du Conseil fédéral d´accompagner l´adhésion à l´ONU d´une déclaration de neutralité, qui serait répétée lors d´une première intervention devant l´assemblée générale. Mais elle souhaite que ce texte soit publié avant la votation populaire, prévue en principe l´an prochain.
La connaissance du contenu de cette déclaration pourrait permettre de rassurer les personnes inquiètes pour la neutralité, selon la commission. Ce sont justement des craintes pour la neutralité qui ont justifié la seule opposition au sein de la commission.
Le démocrate du centre se dit en outre persuadé que les autres engagements internationaux, comme le CICR, risquent d´être entravés par une adhésion et que la Suisse pourrait mener une politique extérieure plus dynamique en dehors de l´ONU.
Or, au fil des ans, la politique des bons offices n´a cessé de perdre de l´importance pour se réduire à néant, a rétorqué M. Cornu. Sans compter la concurrence grandissante pour la Genève internationale.
Refus néfaste
Un refus d´adhérer serait néfaste à l´implantation et au maintien d´organisations internationale en Suisse. La politique extérieure helvétique serait entravée, tout comme la politique économique, a estimé Bruno Frick. Et Jean-Claude Cornu d´ajouter qu´il reste encore beaucoup à faire pour convaincre une large majorité du peuple et des cantons que les avantages prévalent.
Par 6 voix contre 5, la commission a renoncé à donner la mission au Conseil fédéral de respecter autant que possible la neutralité des coûts lors du passage du statut d´observateur à celui de membre à part entière de l´ONU. Mais la minorité tentera de défendre cette recommandation devant le plénum, où le débat est agendé le 21 juin.
sda/ats 17.05.2001