<p>Berne (ats) La commission compétente du Conseil des Etats porte un frein à plusieurs grandes innovations de la réforme de l'armée. Elle tient à un ancrage territorial et une école de recrue limitée à 18 semaines. Elle propose en outre de faire cadeau aux soldats de 19 jours de service. </p>

Les concessions du Conseil fédéral, qui avait accepté de mettre sur pied quatre régions militaires pour créer le lien avec les cantons, n'ont pas été jugées suffisantes par la commission de la politique de sécurité. Celle-ci a développé son propre modèle, davantage ancré dans les régions, a indiqué son président Hans Hess (PRD/OW) vendredi devant la presse.

Ancrage territorial

Le projet de brigades "flottantes" serait abandonné au profit d'un concept reposant sur quatre états-majors de division, à dimension territoriale. Neuf brigades, plus une brigade de logistique, leur seraient directement subordonnées.

Ce concept s'inspire du modèle actuel des corps d'armée, a reconnu Hans Hess. Conséquence: la fonction de chef d'engagement des Forces terrestres "critiquée en consultation" perd sa raisn d'être.

Une importante minorité (5 voix contre 6) proposera de limiter le nombre d'états-majors à trois. La commission est en revanche quasimemt unanime pour demander de porter de deux à trois le nombre des brigades d'infanterie de montagne et pour maintenir les colonnes de soldats du train.

18 semaines

Autre pan de la réforme Armée XXI revu et corrigé: la durée de l'école de recrue. Là aussi, les concessions du Conseil fédéral, qui propose 21 semaines au lieu de 24 initialement, n'ont pas convaincu. Par 5 voix contre 3 et 2 abstentions, la commission s'est à nouveau prononcée pour 18 semaines (contre 15 actuellement), une minorité optant pour une solution "de compromis" à 20 semaines.

Les trois semaines "perdues" ne seraient pas compensées, le nombre de cours de répétition restant limité à six. Revenant sur sa décision d'en instaurer un septième, la commission propose faire passer le total de jours de service à accomplir par le soldat de base de 262 à environ 245, afin d'éviter des coûts supplémentaires.

Les milieux économiques ont émis des signaux clairs en faveur d'une école de recrues plus courte, a rappelé Hans Hess. Selon la commission, son modèle a davantage de chances d'être accepté, l'éventualité de scinder l'école restant d'ailleurs ouverte notamment pour les étudiants.

Former les soldats

Et 18 semaines sont suffisantes pour former les soldats, a ajouté le radical obwaldien. Le Département fédéral de la défense ne partage pas cette opinion. Même s'il juge les autres modifications apportés par la commission "applicables", il estime que 21 semaines sont nécessaires.

Les soldats seront amenés à accomplir des tâches plus nombreuses et plus complexes, souligne-t-il dans un communiqué. Seule une durée de formation adéquate permettra à l'armée de conserver son caractère de milice.

Compétences transférées

Il reviendra de toute façon au Parlement de trancher, le Conseil des Etats se prononçant le 12 mars. La commission propose en effet de lui transférer définitivement la compétence, actuellement entre les mains du Conseil fédéral, de fixer la durée de l'école de recrues et des cours de répétition ainsi que les limites d'âge pour accomplir le service.

Le Parlement devrait aussi se prononcer sur la subordination d'éléments de l'armée à d'autres départements que celui de la défense. Les autres réserves de la commission concernent le service accompli d'une traite et la professionnalisation.

Alors que le Conseil fédéral entend fixer la barre à 20 %, la commission souhaite limiter le nombre des soldats en service long à 10 % de chaque classe de conscrits. Les professionnels ne rempliraient des tâches hors instruction que si les militaires de milice ne le peuvent pas. Enfin, la commission s'est prononcée en faveur de la création d'un musée militaire.

sda/ats 01.03.2002