<p>Berne (ats) La commission de politique extérieure du Conseil des Etats a condamné vertement le journalisme visant à briser la carrière d'une personnalité au lendemain du rappel de l'ambassadeur Thomas Borer à Berne. La majorité partage néanmoins la décision du Conseil fédéral. </p>

La commission s'est entretenue jeudi pendant une heure avec le conseiller fédéral Joseph Deiss, son responsable de l'information Ruedi Christen et le secrétaire d'Etat Franz von Däniken pour connaître le fin mot de l'histoire. Il y a eu des problèmes de communication entre le département et Thomas Borer, a dit le président Maximilian Reimann (UDC/AG) devant la presse.

Lacunes admises

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) savait en effet que le groupe de presse Ringier tramait quelque chose contre Thomas Borer. Mais il n'en connaissait pas la teneur et en plus "ce n'était pas la première fois" que le "Blick" ou le "SonntagsBlick" s'en prenaient à l'ambassadeur, d'après M. Reimann.

En raison des congés pascaux, il n'aurait pas pu joindre M. Borer. Ruedi Christen a répondu aux questions du "SonntagsBlick" sans avoir contacté l'ambassadeur au préalable. Joseph Deiss a admis les "lacunes de coordination" dans le domaine de la communication et s'est dit prêt à en assumer la responsabilité, a souligné M. Reimann.

Disproportionné

Malgré ces problèmes, la décision de rapatrier l'ambassadeur à Berlin a paru "compréhensible et juste" à la plupart des membres de la commission. Une minorité, composée notamment de conseillers aux Etats romands, l'a jugée en revanche "disproportionnée par rapport aux faits, qui d'ailleurs n'en sont pas", a ajouté Christiane Brunner (PS/GE).

La décision gouvernementale donne en quelque sorte raison aux attaques médiatiques visant à nuire à une personnalité, puisque la victime est sacrifiée, d'après elle. Pour la socialiste, "c'était un coup monté".

Dans ce genre d'affaires, il est impossible d'avoir la réaction adéquate, les démentis comme les "no comment" se retournent de toute façon contre la victime, a déclaré la socialiste. Et de rappeler qu'elle-même avait subi les attaques de Ringier alors qu'elle était candidate au Conseil fédéral.

"L'affaire est désormais close" pour la commission, puisqu'elle n'a de toute façon pas les compétences pour intervenir dans ce genre de décision gouvernementale, a affirmé M. Reimann.

sda/ats 11.04.2002