Les doléances des cantons et des villes qui accueilleront le prochain Eurofoot (Genève, Berne, Bâle, Zurich) ne sont pas tombées dans l'oreille d'un sourd. La manifestation pèse lourd pour ces collectivités, sans compter le risque de référendum financier, a expliqué vendredi devant la presse Kathy Riklin (PDC/ZH) pour justifier la décision de la commission de la science, de l'éducation et de la culture du Conseil national.
L'initiative de ce transfert de charge est venue de Martine Brunschwig Graf (PLS/GE), dont la proposition a passé la rampe par 16 voix contre 6. Deux autres membres de la commission auraient voulu aller au-delà de 10,5 millions de francs, mais leurs propositions portant sur 12 respectivement 17 millions ont échoué de justesse.
Le montant de 17 millions correspondait à la somme réclamée par les quatre villes hôtes aussi bien pour la sécurité que pour des projets en marge des matches. La commission n'est toutefois pas entrée en matière sur ce montant faute d'avoir obtenu les éclaircissements demandés, a précisé Mme Riklin.
La nouvelle clé de répartition des frais de sécurité ne modifie pas les coûts globaux financés par les trois niveaux de pouvoirs publics (Confédération, cantons, communes), soit 182 millions de francs. A lui seul le volet sécuritaire est devisé à 64,5 millions, dont 35,7 millions pour la Confédération selon la version de la commission (25,2 millions dans le projet du Conseil fédéral), et le reste pour les cantons.
Stades
La Confédération entend par ailleurs consacrer 11 millions à l'aménagement des stades de Zurich et Genève, 10 millions à la promotion économique et du tourisme et 10 millions pour la constitution d'une réserve «en cas d'événement extraordinaire dans le domaine de la sécurité». Quelque 7 millions sont prévus pour la coordination, 5 millions pour divers projets et 4 pour le financement d'un billet combinant match et transports publics.
Contrairement au voeu émis par deux autres commissions du National, celle de la science, de l'éducation et de la culture ne va pas se battre pour obliger les partenaires privés de l'Euro 2008, UEFA en tête, à participer aux coûts de la sécurité. Sa présidente s'est aussi montrée assez fataliste par rapport à l'explosion de la facture depuis la présentation en 2002 du premier message du Conseil fédéral qui demandait 3,5 millions seulement.
Suivi
Mais la commission compte suivre étroitement l'avancement des préparatifs de l'Euro, a souligné Kathy Riklin, faisant allusion aux dérives qui ont entouré Expo.02. Un rapport a été exigé une fois par an, ainsi que des informations tous les six mois environ.
Au final, la commission a approuvé les contributions de la Confédération par 15 voix sans opposition et 6 abstentions, issues de divers partis, selon Mme Riklin. Seuls les deux représentants des Verts, qui souhaitaient notamment mettre les frais de sécurité entièrement à la charge des organisateurs de l'Euro 2008, auraient voulu renvoyer le paquet à l'expéditeur.
Le Conseil national doit se prononcer sur ce dossier en mars.