<p>Berne (ats) Les troupes mécanisées lourdes devraient céder le pas à l'infanterie et la défense traditionnelle à la sécurité sectorielle. Par 12 voix et 10 abstentions, la commission compétente du National soutient la réorganisation de l'armée proposée par le Conseil fédéral.
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La discussion a été précédée de longues auditions. Des critiques véhémentes ont été émises contre les nouvelles structures destinées à répondre aux priorités fixées par la refonte d'Armée XXI, a indiqué la présidente de la commission de la politique de sécurité Barbara Haering (PS/ZH) mardi devant la presse.

Les milieux militaires et l'industrie de l'armement ont notamment fait entendre leur voix. Parmi les critiques: les coûts de l'opération et l'incapacité supposée de l'armée de faire face à temps à une éventuelle attaque conventionnelle.

Avec la refonte d'Armée XXI, la priorité ira aux engagements de sécurité sectorielle et à l'appui aux autorités civiles au détriment de la défense classique du territoire. Les formations mécanisées et lourdes seront réduites de moitié et le nombre des bataillons d'infanterie augmenté.

L'ordonnance, sur laquelle le National doit se prononcer à Films (GR), ne règle pas dans le détail l'application des nouvelles tâches de l'armée. Elle se concentre sur les structures aux niveaux des états-majors et des brigades, ces dernières devant passer de neuf à huit dès 2008.

Opposition de l'UDC

L'UDC a tenté en vain d'utiliser ce texte pour contraindre le Conseil fédéral à changer de cap. Sa proposition de renvoi, assortie d'une série des mandats visant à en rester à une défense classique, a été repoussée par 15 voix contre 7. La commission n'entend pas stoppper la renfonte d'Armée XXI mais analyser les problèmes soulevés, a précisé Mme Haering.

Un renvoi au gouvernement ne résoudrait pas les questions entourant la sécurité intérieure, la participation de l'armée à des tâches de police, la collaboration entre Confédération et cantons ou le nombre de militaires professionnels et d'instructeurs, a-t- elle poursuivi.

Le Conseil fédéral peut compter sur le soutien du PRD et du PDC. Le PS et les Verts appuient l'idée d'une diminution des moyens attribués à la défense traditionnelle, le premier étant également favorable aux envois de troupes à l'étranger.

La gauche critique en revanche l'engagement de militaires pour des missions de sécurité intérieure. Quant à l'UDC, elle ne veut rien savoir de soldats suisses hors des frontières et ne peut se rallier qu'au volet sûreté sectorielle (protection du territoire) de la renfonte d'Armée XXI.

Réorganisation

Avec cette dernière, les effectifs - 220 000 militaires, dont 80 000 réservistes et 20 000 recrues - demeureront inchangés mais seront répartis différemment. Des 120 000 «actifs», 33 000 s'occuperont de la sécurité sectorielle, 18 500 formeront une brigade de combat alors que les 68 500 autres se répartiront les autres tâches de l'armée.

La brigade de combat, constituée du reste des troupes mécanisées et soutenue par des formations spécialisées et l'aviation, formera le noyau dur de l'armée qui se concentrera sur la défense classique. Quant aux nouvelles troupes d'infanterie, elles devront protéger les axes de transit ainsi que soutenir les autorités civiles pour la surveillance de bâtiments et la protection de conférences.