<p>Berne (ats) Le doublement du nombre de recrues effectuant leur service militaire d´une traite divise la commission compétente du Conseil des Etats. Par 7 voix contre 6, cette dernière propose au plénum de rejeter une initiative parlementaire adoptée en juin par le National.
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La majorité estime qu´il n´y a pas urgence à légiférer. Il ne faut pas brusquer l´armée mais d´abord lui laisser le temps d´appliquer les différentes réformes décidées ces dernières années (Armée XXI puis étape de développement 2008/2011), a expliqué le président de la commission de la politique de sécurité Hermann Bürgi (UDC/TG) jeudi devant la presse.

Faire passer de 15 à 30 % la part maximale annuelle de recrues en service long - soit porter à 5000 ou 6000 le total des recrues faisant chaque année leur service d´une traite - aurait en effet des conséquences énormes sur la structure de l´armée. Il faut auparavant régler toute une série de questions, a-t-il poursuivi. (06.405)

Points à régler

La majorité a donc adopté un postulat demandant au gouvernement de faire le point dès fin 2011 puis de remettre un rapport. Parmi les points à aborder figurent la constitutionnalité d´une hausse des effectifs, ses effets sur la structure de l´armée, l´instruction, les coûts de formation et d´infrastructure et le degré d´acceptation de l´armée au sein de la population ainsi que les besoins et possibilités d´engagement des soldats en service long.

La minorité ne juge pas nécessaire d´attendre et estime que le Parlement peut déjà commencer à répondre à ces questions. "Nous avons déjà pu tirer une certaine expérience", a déclaré Christiane Langenberger.

Avantages du service long (07.3556)

Et la radicale vaudoise de souligner les avantages du service long: troupes plus rapidement mobilisables en cas de catastrophes, meilleure conciliation entre vie professionnelle et service militaire, meilleure adéquation avec la complexité croissante des tâches de l´armée (plus besoin de rafraîchir les connaissances à chaque cours de répétition).

Le taux de 30 % n´est en outre qu´un maximum, a souligné Mme Langenberger. Il s´agit d´être flexible et de pouvoir adapter la limite actuelle de 15 % en cas de besoin. Le plénum tranchera lors de la session d´automne. S´il suit la majorité de la commission, une procédure de divergences sera entamée. S´il suit la minorité, le National pourra commencer à légiférer.

Soldats à l´étranger

Les débats devraient être moins âpres concernant le doublement à 500 soldats du nombre de militaires suisses engagés dans des missions de maintien de la paix à l´étranger d´ici 2010. La commission a accepté une motion du National en ce sens par 6 voix contre 2. (07.3270)

Il ne s´agira pas de doubler les effectifs du jour au lendemain, a précisé M. Bürgi en souhaitant "dédramatiser" le débat. De plus, pour chaque engagement de plus de 100 militaires ou dépassant trois semaines, l´aval du Parlement sera nécessaire.

Il s´agira en outre de savoir s´il y a assez de volontaires. Le Conseil fédéral doit faire un rapport d´ici la fin de l´année sur les conséquences d´une hausse en matière de finances, de matériel et de personnel.