<p>Berne (ats) Les aliments d´origine animale ne devraient pas être obligatoirement soumis à une déclaration indiquant les modes de production et de détention des bêtes. Par 7 voix contre 2, la commission compétente du Conseil des Etats s´oppose à cette mesure lancée par le National.
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Actuellement, seuls les produits issus de méthodes interdites en Suisse doivent être déclarés. Souhaitant favoriser les denrées alimentaires produites dans le respect des animaux, le Conseil national a enjoint, par 87 voix contre 71, le Conseil fédéral à réglementer l´étiquetage des aliments selon la provenance, la méthode de production et le mode de garde des bêtes.

Pas praticable

Une telle déclaration obligatoire n´est pas praticable, a déclaré la présidente de la commission de la science du Conseil des Etats Christiane Langenberger (PRD/VD) mardi devant la presse. Elle serait impossible à appliquer pour beaucoup de produits étrangers, comme le salami ou le fromage.

De plus, l´introduction d´une telle obligation nécessiterait une série de contrôles difficiles à mener et ne ferait que gonfler l´appareil administratif. Forte de ces convictions, la commission souhaite s´en tenir à la possibilité pour les producteurs suisses de déclarer, s´il le veulent, la "plus-value" de leurs produits en matière de protection des animaux.

Une minorité conduite par Anita Fetz (PS/BS) défendra la solution du National devant le plénum dans deux semaines. Il s´agit d´assurer la transparence face aux consommateurs et d´éviter une concurrence trop forte des produits étrangers bon marché mais peu respecteux des animaux, a plaidé la socialiste.

Castration des porcelets

La commission refuse également la solution retenue par la Chambre du peuple en vue de l´obligation d´endormir les porcelets avant de les castrer. Le National a opté pour une formulation qui veut "qu´en principe, la castration des porcelets sans anesthésie est interdite à compter du 1er janvier 2009". Le terme "en principe" a été jugé trop vague.

Cela pourrait prendre une éternité avant que l´interdiction ne soit effective, a critiqué Mme Fetz. La commission du Conseil des Etats propose donc de s´en tenir à sa première version. Celle-ci interdit la castration dès 2009, tout en laissant au gouvernement la possibilité de reporter de deux ans l´entrée en vigueur de cette interdiction "si aucune méthode de substitution applicable dans les faits n´est disponible" d´ici là.

Pour le reste, la comission s´est ralliée aux positions du National. Elle a accepté d´interdire les peaux de chat ou de chien ainsi que les produits fabriqués à partir de ces fourrures. Elle a aussi donné son aval au renforcement des règles liées aux transports des animaux. La durée du trajet ne devrait ainsi pas excéder six heures à compter du lieu de chargement.