La Délégation des Commissions de gestion a consacré sa dernière séance à une visite au siège de la Police fédérale. La délégation a profité de cette occasion pour discuter avec les responsables au sein de la police, de l'extrémisme de droite en Suisse, et plus particulièrement du rôle joué par les organisations skinheads.

Selon les dernières estimations de la Police fédérale, il existerait actuellement en Suisse un noyau dur de skinheads comptant 600 à 700 personnes (tendance à l'augmentation). Dotés d'une organisation souple, ces groupements concentrent leurs activités dans les cantons de Zurich, d'Argovie, de Berne et de Lucerne. La Police fédérale constate depuis peu une radicalisation du phénomène skinheads: la propension à la violence et à la provocation va en s'accroissant. La Police fédérale relève également que le milieu s'est rajeuni et que presque tous les groupes skinheads comprennent des mineurs. Parmi les autres constats, il convient de souligner le recours toujours plus fréquent à du matériel de propagande à caractère raciste, à des d'armes ainsi qu'à des moyens de communication modernes (Internet, SMS, etc.).

La délégation a pris connaissance des intentions du Département fédéral de justice et police (DFJP). La conseillère fédérale Ruth Metzler entend examiner l'application de la norme pénale contre le racisme. Elle veut savoir si celle-ci suffit pour combattre l'extrémisme de droite en Suisse. La délégation s'entretiendra durant la prochaine session d'automne avec la cheffe du DFJP pour connaître son appréciation politique de la situation.

La délégation a également l'intention de s'informer de l'ampleur du phénomène auprès des directeurs et des commandants des polices des cantons les plus concernés. Elle désire par ce biais obtenir une image aussi précise que possible de la situation actuelle, le but étant d'apprécier la pertinence des mesures prises par la Confédération dans la lutte contre l'extrémisme de droite.

La délégation tient à exprimer sa détermination à ce que les structures policières de la Confédération disposent au plus vite du cadre, des moyens et des structures nécessaires à combattre l'extrémisme violent. Dans ce contexte, la délégation estime important que la réorganisation de l'Office fédéral de la police soit menée à terme rapidement.

Outre la question de l'extrémisme, la délégation a été informée en détail sur les activités de la Police fédérale en matière de lutte contre l'espionnage et le terrorisme.

La Délégation des Commissions de gestion s'est réunie à Berne les 15 et 16 août 2000 sous la présidence de M. le député au Conseil des États Franz Wicki (PDC/LU).

Berne, le 17.08.2000    Services du Parlement