La Commission de gestion du Conseil des Etats (CdG-E) sinquiète des débats et des discussions auxquels on assiste depuis quelques semaines autour dun rapport de la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N) ; elle ny voit rien moins quune remise en question de la crédibilité de la haute surveillance parlementaire, ce qui ne saurait laisser le Parlement indifférent. La CdG-E rappelle donc que les Commissions de gestion jouent un rôle primordial pour le fonctionnement de lEtat en exerçant un contrôle sur les activités du Conseil fédéral, de lAdministration fédérale et des Tribunaux fédéraux et en pointant les lacunes éventuelles et les domaines où il est nécessaire dintervenir. Toutefois, leur objectif ne se résume pas à critiquer les actions des organes contrôlés : elles cherchent avant tout à instaurer un dialogue constructif avec le Conseil fédéral, dans le respect mutuel du rôle de chacun. Cest grâce à ce dialogue, établi dans le cadre des rapports des CdG, quil a été possible, au cours de la précédente législature, de corriger, daméliorer et doptimiser les interventions de lEtat. Face aux remous suscités par le rapport de la Commission de gestion du Conseil national, la Commission de gestion du Conseil des Etats souhaite aborder avec son homologue du Conseil national les questions de fond concernant les travaux de la haute surveillance parlementaire qui font actuellement débat, lors de leur prochaine séance commune, qui se tiendra en janvier 2008. Elle considère par ailleurs quil est important que les groupes parlementaires accordent un soin tout particulier au choix des parlementaires qui siégeront au sein des commissions de gestion au cours de la nouvelle législature.
Par ailleurs, la CdG-E a chargé sa sous-commission « Tribunaux » dexaminer si le Tribunal administratif fédéral dispose de moyens suffisants, notamment en personnel, pour pouvoir traiter en temps utile des affaires aussi lourdes que le recours dont a fait lobjet ladjudication de la technique ferroviaire du tunnel de base du St-Gothard. La sous-commission « Tribunaux » de la CdG-E et la sous-commission de la CdG-N prendront langue conjointement à cet égard avec le Tribunal administratif fédéral.
La commission a également été informée par la Délégation des commissions de gestion (DélCdG) sur les résultats du mandat quelle lui avait donné en date du 29 juin 2007. Il sagissait dexaminer la manière avec laquelle la justice militaire avait traité laffaire dite du « fax de la CIA ». La délégation est davis que cest à juste titre que lauditeur en chef de larmée a ordonné louverture de procédures pénales militaires suite à la parution dudit fax dans la presse dominicale. La délégation est en revanche d'avis que l'auditeur (procureur militaire), auquel le juge d'instruction militaire avait transmis l'affaire au terme de son enquête, aurait éventuellement déjà pu rendre un non-lieu, dès lors quil était devenu clair que les informations que le DDPS jugeait secrètes avaient déjà été publiées partiellement dans un rapport de la DélCdG en 2003. La délégation peut toutefois comprendre que dans cette affaire, hautement médiatisée, le procureur militaire ait dressé un acte d'accusation afin dobtenir un jugement du tribunal. La délégation a également relevé que certaines mesures de police, prises dans le cadre de lenquête, étaient apparemment disproportionnées eu égard à la nature des infractions et compte tenu de labsence dantécédents des personnes en question.
La CdG-E sest ensuite de nouveau penchée sur la pratique du recours à des experts externes à la Confédération. Dans son rapport intitulé « Recours à des experts par ladministration fédérale : ampleur, concurrence et pilotage », daté du 13 octobre 2006, elle avait déjà souligné lexistence dune sorte de « fièvre de décembre », soit une propension des services à épuiser entièrement les crédits restants à la fin de lannée ; dans ce contexte, elle relevait quen 2004, quinze services avaient comptabilisé des paiements dun montant total de plus de 5 millions de francs pour 39 mandats qui navaient débuté quen 2005. Après quoi, la CdG-E avait demandé au Conseil fédéral dexaminer ces paiements anticipés et de déterminer si certains dentre eux ne justifiaient pas une dénonciation pénale, étant donné que des tiers pouvaient en avoir retiré un bénéfice illégitime au détriment de la Confédération. Le Conseil fédéral avait alors chargé le Contrôle fédéral des finances (CDF) de procéder à une analyse détaillée des 39 cas mentionnés par la CdG-E. Les résultats de cette analyse ont montré quil nexistait aucun cas grave. Sil y a bien, parmi les mandats examinés, certains cas de paiement anticipé qui ne sont pas dusage dans la branche et dont le but était effectivement de solder les crédits budgétaires, ils ne représentent que des pertes dintérêts minimes. Le rapport du CDF ajoute quil nexiste aucune indication permettant de conclure à une pratique délictueuse. Considérant ces résultats, la CdG-E a prié le Conseil fédéral de faire en sorte quil ny ait plus, à lavenir, aucun paiement anticipé qui ne soit pas conforme à lusage de la branche ou convenu par contrat. Enfin, elle a insisté sur le fait que le phénomène de la « fièvre de décembre », quelle décrivait dans son rapport, va bien au-delà des 39 cas cités et quelle attend donc du Conseil fédéral quil mette en uvre les mesures quelle avait préconisées. Elle a précisé quelle vérifierait, ultérieurement, lapplication de ces mesures.
La commission a tenu sa dernière séance de la législature à Berne, le 13 novembre 2007, sous la présidence du député au Conseil des Etats Hansruedi Stadler (PDC, UR).
Berne, le 15.11.2007 Services du Parlement