Réunie le 28 février 2000, la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats s'est rendue à Genève pour une visite des organisations internationales. La commission a rencontré Vladimir Petrovsky, directeur général de l'ONU au siège de Genève, de hauts représentants d'organisations spécialisées de l'ONU et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ainsi que Paul Grossrieder, directeur général du Comité international de la Croix-rouge (CICR). Elle a par ailleurs terminé l'examen d'une initiative du canton du Valais.

Les entretiens avec le directeur général Petrovsky ont porté sur les activités de l'ONU à Genève et les relations de la Suisse avec l'ONU. Petrovsky a souligné le grand intérêt de l'ONU à ce que la Suisse adhère à l'ONU. Notre pays peut se prévaloir d'excellentes performances sur le plan international et dispose en outre de brillants diplomates. Il est apte à fournir une importante contribution aux travaux de l'ONU. Petrovsky n'a cependant pas omis de souligner que la Suisse serait souveraine dans son choix, un principe que l'ONU respecte.

La commission a été informée sur le Haut Commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme et sur les activités du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (ONU). La commission a également rencontré John Horekens, Directeur du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, une organisation qui fête sa 50e année d'existence: cet anniversaire est d'autant plus symbolique que les fondateurs du Haut Commissariat de l'époque ont pensé qu'il perdrait sa raison d'être après trois années d'existence.

Les entretiens avec Hans-Peter Werner, de l'OMC, ont porté notamment sur le rôle de la Suisse en tant qu'Etat-hôte. Le choix qui a été porté il y a quelques années sur Genève comme siège permanent de l'OMC a fait de la ville un important centre pour la politique du commerce mondial. De nombreux pays engagent actuellement d'importants moyens pour s'y faire représenter de manière appropriée.

La commission a également rencontré Paul Grossrieder, directeur général du CICR. Un important sujet abordé dans les discussions était le nombre croissant d'organisations humanitaires, qui peut donner l'impression d'une situation de concurrence. Grossrieder a cependant rappelé avec insistance que, dans de nombreux foyers de crise humanitaire, le CICR reste la seule organisation qui puisse agir sur le terrain. Un autre élément fondamental est la volonté de préserver l'indépendance du CICR face au système de l'ONU, car les organisations indépendantes sont souvent les seules à pouvoir accéder aux victimes d'un conflit.

La collaboration de la Suisse avec les organisations internationales et son rôle comme Etat-hôte étaient les points essentiels de la discussion que la Commission a menée avec les Ambassadeurs François Nordmann et William Rossier, chefs des missions suisses à Genève.

Dans les entretiens avec divers autres interlocuteurs, la Commission a appris avec satisfaction que Genève avait, au cours des dernières années, gagné en importance en tant que siège de l'OMC et deuxième centre de l'ONU après New York et que cette tendance devrait se renforcer encore à l'avenir.

La commission a aussi achevé l'examen d'un dossier, celui de l'initiative du canton du Valais. Cette intervention vise à ce que soit introduite dans la convention de l'OMC une clause sociale et environnementale. La commission propose de ne pas y donner suite, parce qu'une initiative déposée par un canton ne saurait charger le Conseil fédéral de prendre des mesures dans un domaine - en l'occurrence la politique étrangère - qui relève de la compétence de celui-ci. La commission veut néanmoins prier le Conseil fédéral, au moyen d'un postulat, de reprendre l'idée exprimée dans l'initiative, de l'appliquer dans des négociations internationales futures et d'en rendre compte régulièrement.

La commission s'est réunie sous la présidence de Bruno Frick, conseiller aux Etats (PDC/SZ).

Berne, le 29.02.2000    Services du Parlement