La commission de la politique de sécurité du Conseil national (CPS-CN) soutient la proposition de la Délégation du Conseil fédéral pour la sécurité daccéder à la demande des autorités genevoises de déployer des policiers allemands sur laéroport de Genève lors du Sommet du G8. La CPS-CN estime quen létat, si les effectifs des corps de police savèrent insuffisants, il est judicieux de recourir à un soutien allemand, ce dautant plus quun tel cas de figure est prévu par laccord de coopération policière avec lAllemagne adopté par les Chambres en 2000. A ses yeux, il nexiste aujourdhui pas dalternative. Doter en permanence les corps de police deffectifs suffisants pour faire face à de tels types dévènements aurait un coût très élevé et ne se justifierait pas, les corps de police seraient alors surdotés en situation dite normale. La commission est persuadée quà lavenir, des évènements transfrontaliers de lampleur du G8 ne pourront être maîtrisés quau travers dune coopération avec nos voisins, y compris dans le domaine policier. Seules quelques voix se sont élevées pour condamner le fait que le pays nétait pas en mesure dassumer seul ses tâches de sécurité. Au vu des informations obtenues, la commission est convaincue que le dispositif et la structure de commandement militaire sont appropriés à la situation et aux tâches que larmée devra remplir en appui aux autorités civiles. En revanche, la commission regrette certains cafouillages qui ont émaillé la préparation de ce Sommet. Elle examinera les leçons à tirer durant le second trimestre de cette année.
Par ailleurs, la CPS-CN propose par 14 voix contre 0 et 7 abstentions daccepter la prolongation de lengagement de larmée afin dassurer la protection des représentations étrangères (03.029). Un tel type dengagement fait partie des missions de larmée et permet daugmenter la sécurité à un coût raisonnable. La CPS-CN estime quil ny a aujourdhui pas dalternatives à un engagement de larmée. Elle salue cependant le fait que cette prolongation soit limitée au 30 juin 2004, ce qui évite de donner un chèque en blanc aux cantons et permettra de réexaminer la situation prochainement. La commission sest également penchée sur des questions ayant trait aux conditions cadre de lengagement, telles que état des cantonnements de la troupe, lieu de la centrale dengagement, etc. Une partie de la commission sest abstenue au vote sur lensemble estimant quun engagement de larmée doit rester lexception et que la Confédération doit obtenir des cantons quils assument leur responsabilité dans ce domaine, notamment en renforçant les forces de police affectées à la protection des représentations diplomatiques. Le projet darrêté fédéral prévoit la possibilité dengager au maximum 800 hommes, ceci jusquau 30 juin 2004. Il doit être examiné par les deux conseils lors de la session dété. La commission de la politique de sécurité du conseil des Etats proposait le 1er mai dernier à lunanimité (par 11 voix) dapprouver cet engagement. C'est la quatrième fois que l'Assemblée fédérale doit se prononcer en la matière, à savoir en avril 1999 pour faire face à la menace du PKK, mesure qui avait fait l'objet d'une prolongation de l'autorisation en automne 1999, puis en février 2002 en réponse aux évènements du 11 septembre 2001.
Par ailleurs, la CPS-CN propose par 22 voix contre 2 dautoriser lengagement dofficiers suisses armés dans le cadre de lopération de l « International Security and Assistance Force » (ISAF) en cours en Afghanistan (03.030). Elle estime quun engagement militaire international sinscrit dans notre tradition dengagement afin de stabiliser la région. Sil reste modeste, ce déploiement de quelques officiers suisses armés au sein de lISAF permet cependant dune part de témoigner de notre solidarité en mettant des connaissances techniques particulières à disposition, et, dautre part, permet un transfert dexpérience dont notre secteur de la promotion militaire de la paix pourra profiter. Ceci est dautant plus important quil sagit dofficiers de milice.
Pour terminer, la commission a consacré une importante partie de sa séance aux différents aspects de la promotion civile et militaire de la paix. Cest ainsi quelle sest rendue à Lützelflüh où elle a pu se rendre compte de visu de la qualité de la formation reçue par les candidats au pool dexperts suisse du DFAE. A cette occasion, la CPS-CN a également examiné la question de la nécessaire complémentarité des mesures civiles et militaires dans ce domaine. Elle a ensuite évoqué les contributions du DDPS dans ce secteur en examinant les activités des trois centres de Genève (centre de politique de sécurité, centre de déminage humanitaire et centre pour le contrôle démocratique des forces armées) ainsi que les contributions concrètes apportées par la Suisse en matière de déminage humanitaire. Pour terminer, la commission sest entretenue avec le professeur Andreas Wenger, directeur du Centre de recherche en matière de politique de sécurité et danalyse des conflits de lEPFZ, des chances et des défis posés par la promotion de la paix et des possibilités dune politique de sécurité préventive. Au travers de ces contacts réguliers avec lEPFZ, la commission souhaite pouvoir intégrer à temps les développements qui se dessinent à lhorizon dans le processus politique.
La commission a siégé les 19 et 20 mai 2003 à Berne, sous la présidence du conseiller national Josef Leu (PDC, LU) et en présence de M. le conseiller fédéral Samuel Schmid, chef du DDPS.
La commission a siégé les 19 et 20 mai 2003 à Berne, sous la présidence du conseiller national Josef Leu (PDC, LU) et en présence de M. le conseiller fédéral Samuel Schmid, chef du DDPS.
Berne, le 20.05.2003 Services du Parlement