La discussion sur le rapport sur la politique économique extérieure 200 a surtout porté sur le chapitre introductif, qui est consacré à une analyse des orientations stratégiques de la politique économique extérieure de la Suisse. La commission s'est félicitée de l'initiative du Conseil fédéral de présenter pour la première fois dans ce rapport annuel les objectifs et les principes qui guident son action en matière de politique extérieure et d'éclairer ainsi les interactions entre les politiques économiques intérieure et extérieure.
Si la CPE-E a émis plusieurs remarques critiques sur cette partie du rapport, la plupart d'entre elles concernaient les projets de réforme du marché intérieur visant à renforcer la compétitivité de la Suisse. Certains membres de la commission ont estimé que dans la définition de sa stratégie, le Conseil fédéral accordait une importance excessive à la croissance et à la compétitivité, sans prendre suffisamment en compte les conséquences négatives que cette stratégie pourrait avoir sur certains secteurs, sur certaines catégories de la population, sur le niveau des salaires ou encore sur les régions frontalières. De fait, pour obtenir l'adhésion de la population aux réformes envisagées, il conviendrait de présenter en toute transparence l'ensemble des conséquences d'une politique de libéralisation. D'autres membres de la commission ont souligné la nécessité de ces réformes, notamment dans la perspective d'une réduction du niveau des prix en Suisse, sans laquelle les entreprises suisses resteraient pénalisées par rapport à la concurrence étrangère. En outre, il a été demandé au Conseil fédéral de présenter les mesures concrètes qu'il entend mettre en oeuvre pour atteindre les objectifs visés.
Dans le cadre de l'examen du rapport sur la politique économique extérieure 2004, la commission a approuvé, par 9 voix et 1 abstention, un accord de libre-échange entre les Etats de l'AELE et le Liban. Elle a par ailleurs approuvé à l'unanimité deux accords de réassurance en matière de garantie contre les risques à l'exportation, l'un avec les Pays-Bas, l'autre avec la Pologne.
En outre, la CPE-E s'est entretenue avec la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey au sujet de son voyage au Moyen-Orient. L'intérêt de cette visite n'a pas fait l'unanimité au sein de la commission. Certains de ses membres s'en sont félicités, considérant qu'un tel déplacement permettait d'afficher le soutien de la Suisse au processus de paix, notamment dans le domaine du droit humanitaire. D'autres, au contraire, ont fait part de leur scepticisme, quand ils n'ont pas estimé que cette visite était inopportune. Ils se sont notamment demandé si elle avait été véritablement souhaitée par les parties en présence, si elle s'inscrivait dans la logique d'une ligne politique clairement définie et enfin si elle était de nature à produire des effets concrets à moyen terme. L'entretien avec la responsable du DFAE a permis tout au moins de clarifier certaines questions concernant l'objectif et le déroulement de ce voyage. Ont en outre été évoqués les critiques formulées par Israël à l'encontre de la Suisse ainsi que la déclaration du Grand Conseil du canton de Genève sur la barrière de sécurité, qui avait provoqué des tensions diplomatiques au cours de la visite.
En outre, la commission a examiné le rapport annuel 2004 de la Délégation parlementaire auprès du Conseil de l'Europe (05.004), le rapport d'un groupe de travail conjoint du Parlement et de l'administration sur la stratégie de la Suisse au Conseil de l'Europe ainsi que le rapport annuel de la Délégation parlementaire auprès de l'OSCE (05.008), dont elle a pris acte.
Au chapitre de la politique européenne, la commission a fait le point sur les discussions entre la Suisse et l'UE sur l'aide à la cohésion ainsi que sur l'augmentation du nombre de douaniers allemands à la frontière germano-suisse.
Réunie le 16 février 2005 à Berne, la commission a siégé sous la présidence du conseiller aux États Peter Briner (PRD/SH) et en présence des conseillers fédéraux Micheline Calmy-Rey, Joseph Deiss et Hans-Rudolf Merz.
Berne, 16.02.2005 Services du Parlement